Face au "danger que constitue le RN", François Ruffin demande aux chefs de partis de gauche "d'arrêter leurs conneries" et d'œuvrer à l'union

Le député LFI de la Somme plaide pour une union des gauches, au-delà des querelles politiques, pour convaincre les électeurs lors des prochaines élections européennes.
Article rédigé par franceinfo
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Le député LFI de la Somme François Ruffin était l'invité du Grand Entretien de France Inter, le vendredui 22 décembre. (RADIOFRANCE / FRANCE INTER)

"Je dis aux chefs de partis [de gauche], arrêtez vos conneries", lance vendredi 22 décembre sur France Inter François Ruffin, député LFI de la Somme. Il appelle les représentants de la gauche à "enterrer les haches de guerre, fumer le calumet de la paix et cesser de s'insulter et de se maltraiter".

François Ruffin ne nomme pas ces chefs de parti, mais les interpelle face à la montée du Rassemblement national dans les sondages, notamment pour les élections européennes de juin prochain. "Si on prend au sérieux le danger que constituent Marine Le Pen et le Rassemblement national, si on veut arrêter cette pente, il faut que les chefs de partis arrêtent les conneries", tance-t-il. François Ruffin les invite à "cesser l'étalage de leurs rancœurs sur Twitter".

Le député de la Somme se désole de voir à travers les sondages d'opinion "Marine Le Pen avancer et cheminer vers l'Élysée". Il craint d'ailleurs que la gauche "s'y accoutume" avec "une forme d'abandon, de mollesse et de lâcheté".

Or, loin d'y voir une forme de "fatalité", François Ruffin interpelle les électeurs : "Pas de mollesse, pas de lâcheté, pas d'abandon, il faut se réveiller maintenant !", leur lance-t-il. Le député insoumis rappelle par exemple que "si la crise de 1929 a débouché sur le nazisme en France, elle a aussi débouché sur le New Deal aux États-Unis et sur le Front populaire en France". "L'histoire reste ce que les hommes et femmes en font", insiste-t-il.

Une union des gauches nécessaire

Face à cette situation, François Ruffin plaide pour "l'union" qu'il juge justement "nécessaire, mais non suffisante". Il considère que face à "l'union des droites qui va de la droite libérale jusqu'aux droites extrêmes", il "nous faut une union des gauches". S'il admet que c'était l'objectif affiché par la Nupes lors des précédentes élections législatives, le député LFI s'émeut de la voir "malmenée". Il regrette donc qu'il y ait "quatre listes [de gauche] pour les élections européennes", y voyant un "souci".

François Ruffin exhorte la gauche à se présenter "comme une force d'union et non pas [comme] quelque chose où ça se querelle en permanence, ça se chamaille et ça s'envoie des invectives". Le député LFI de la Somme considère que si la Nupes "n'attire pas" c'est justement en raison de cette désunion.

"Au-delà des querelles des chefs - et il n'y a pas que Jean-Luc [Mélenchon] qui y participe - il y a des tas de femmes et d'hommes de gauche, d'élus et de militants, qui n'ont qu'une envie, c'est de faire avancer le pays ensemble",

François Ruffin, député LFI de la Somme,

à France Inter

Le député de la Somme invite par ailleurs la gauche à "changer de ton" et d'attitude. Il est persuadé qu'il faut montrer sa "volonté de gagner" et sa capacité à rassembler une majorité. Pour François Ruffin, il ne faut pas "se dire qu'on est dans un pays raciste, moisi et réac et qu'il faudrait juste tenir des bastions" face à l'extrême droite. "On a une majorité possible dans le pays, sur des thèmes qui sont les nôtres [comme] l'indexation sur l'inflation, taxer les superprofits, le référendum d'initiative citoyenne, maintenant il faut passe d'un esprit de défaite presque à une volonté de conquête", ajoute-t-il.

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