Manifestant blessé par une grenade à Notre-Dame-des-Landes : "Les risques sont pour les personnes qui n'ont pas obéi aux sommations"

"Dès lors que les opposants obéissent aux injonctions, le risque est écarté", a estimé l'ancien gendarme Bertrand Cavallier, invité de franceinfo mercredi.

Des zadistes font face aux gendarmes à Notre-Dame-des-Landes, le 12 avril.
Des zadistes font face aux gendarmes à Notre-Dame-des-Landes, le 12 avril. (FRED TANNEAU / AFP)

Le général Bertrand Cavallier, expert en matière de maintien de l’ordre, a évoqué, mercredi 23 mai sur franceinfo, "des accidents rarissimes" après l'explosion d'une grenade lacrymogène qui a arraché la main d'un manifestant sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes mardi. L'homme âgé de 21 ans avait saisi la grenade. A-t-il essayé de la renvoyer vers les forces de l'ordre ? Une enquête a été ouverte et l'inspection générale de la gendarmerie saisie.

Des grenades qui "présentent des risques"

La grenade GLI-F4 utilisée pour le maintien de l'ordre "est une grenade qui produit trois effets : un effet assourdissant, un effet détonnant et un effet lacrymogène. C'est une grenade qui contient une vingtaine de grammes d'explosif", a expliqué le général Bertrand Cavallier, qui ne nie pas la dangerosité de ce modèle de grenade. "Qu'elles présentent des risques, évidemment. Les risques sont pour les personnes qui n'ont pas obéi aux sommations et qui affrontent les forces de l'ordre", a-t-il affirmé.

Ce sont des armes qui visent à gérer des situations de grandes violences, face à des adversaires extrêmement violentsBertrand Cavallierfranceinfo

Un accident évitable

"Dès lors que les opposants obéissent aux injonctions, le risque est écarté", a jugé Bertrand Cavallier. L'ancien commandant du centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier, rejette la faute sur le manifestant et exclut "ce type d'accidents si l'intéressé n'avait pas saisi cette grenade, s'il n'avait pas essayé de la ramasser". 

La grenade GLI-F4 n'est pas la même grenade qui a tué Remi Fraisse à Sivens en 2014 : "À Sivens, c'était une grenade offensive supprimée par décision du ministre. Nous sommes sur une gamme spécifique sur le maintien de l'ordre sachant que la grenade lacrymogène instantanée va bientôt être remplacée par une nouvelle grenade" qui "présentera l'avantage de ne pas disperser des éclats vulnérants", a-t-il indiqué.