VIDEO. Trois cartes pour comprendre pourquoi les Gaulois sont loin d'être nos seuls ancêtres

Une petite phrase de Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting de campagne, a fait couler beaucoup d'encre et agacé les historiens.

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L'histoire de France est devenue un sujet de débat dans la primaire à droite. En meeting à Franconville (Val d'Oise), lundi 19 septembre, Nicolas Sarkozy s'est référé à une des pages les plus controversées du roman national. Il propose d'apprendre aux immigrés, pour mieux les assimiler, que, quand on devient français, "l'on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois". Une phrase critiquée par ses rivaux comme Alain Juppé et Bruno Le Maire, et par des historiens, qui se sont empressés de rappeler à l'ancien président que les Gaulois ne représentent qu'une partie de nos ancêtres – et encore, si l'on s'en tient uniquement à la France métropolitaine.

La Gaule, une invention romaine

Le premier problème de cette vision est que la Gaule n'a jamais vraiment existé. Ce sont les Romains qui ont utilisé le terme de Gaule, à partir du IVe siècle avant J.-C., pour désigner les territoires situés au nord de leur république et à l'ouest du Rhin. Cette Gaule recouvrait le territoire actuel de la France, mais aussi le nord de l'Italie, la Belgique, et une partie des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la Suisse, dont les habitants peuvent donc aussi bien se revendiquer comme des descendants des Gaulois.

Par ailleurs, ce territoire n'avait aucune unité. Dans ce que les Romains appelaient la Gaule vivaient un grand nombre de peuples celtes (les Arvernes, les Bellovaques, etc.), dont les langues et les cultures étaient sensiblement différentes. Et depuis l'époque celte, suivie par l'époque romaine, le territoire qui compose aujourd'hui la France a vu arriver de nombreux autres peuples au gré des invasions, comme celle des Francs ou des Vikings, qui se sont mélangés aux populations locales. Les vagues d'immigration du XIXe et XXe siècles ont aussi contribué à façonner une population française métissée, dont les ancêtres n'avaient rien de gaulois.

(PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)