Plan biodiversité : "La France a une situation inquiétante" et "une responsabilité mondiale"

Le directeur du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature a estimé, mercredi sur franceinfo, que le plan biodiversité présenté par Nicolas Hulot est "bien construit" et "a bien identifié les différentes pressions".

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, quitte le palais de l\'Elysée, le 27 juin 2018, à Paris.
Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, quitte le palais de l'Elysée, le 27 juin 2018, à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Préserver la faune et la flore : c'est l'objectif du plan biodiversité que Nicolas Hulot doit présenter mercredi 4 juillet, dans l'après-midi, au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Le ministre de la Transition écologique, accompagné de seize membres du gouvernement, annoncera plusieurs réformes : la fin des produits plastiques jetables ou encore la réduction des pesticides. Sur franceinfo, Sébastien Moncorps, directeur du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature, a indiqué que "la France a une responsabilité mondiale" car elle "est dans les dix pays qui hébergent le plus grand nombre d'espèces mondialement menacées sur son territoire".

franceinfo : Est-ce que la France a une situation particulièrement inquiétante par rapport à d'autres pays ?

Sébastien Moncorps : La France a une situation inquiétante parce qu'elle abrite un patrimoine écologique extrêmement riche. Cela se constate sur le milieu terrestre et principalement dans les collectivités d'Outre-mer, où vous avez beaucoup d'espèces endémiques, c'est-à-dire des espèces qu'on ne trouve que dans ces territoires. Si ces espèces disparaissent, elles disparaissent de la superficie de la planète. D'autre part, la France a le deuxième domaine maritime mondial après celui des États-Unis et on héberge environ 10% des récifs coralliens de la planète. Les statistiques que nous avons sur les espèces menacées montrent que la France a des chiffres équivalents à ceux d'autres pays mais on a une responsabilité vraiment mondiale. 

Est-ce que les premières pistes du plan Biodiversité vous semblent aller dans le bon sens ?

Oui. Nous avons été consultés sur ce plan, qui est bien construit. Il a bien identifié les différentes pressions : l'aménagement du territoire, l'impact d'une agriculture trop intensive et productiviste, la modification de nos modes de consommation, le besoin d'une action beaucoup plus forte et urgente, directe sur les espèces menacées et sur les milieux naturels avec la création d'espaces protégés, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, un engagement de la France au niveau européen et international, le développement des connaissances et la sensibilisation des citoyens... L'objectif est de hisser, comme le souhaite le ministre Nicolas Hulot, les enjeux de biodiversité au même niveau que ceux du climat.

Mais est-ce que vous attendez un calendrier plus précis ? Des chiffres aussi peut-être ?

Pour l'instant, le ministre a dévoilé une partie des mesures. Il en a annoncé 90 mais on en connaît cinq ou six. On attend de voir quelles sont les autres mesures proposées, notamment dans le milieu agricole. On est tous très attentifs sur les moyens qui seront mobilisés et sur les résultats qui seront obtenus. On peut fixer des objectifs mais il faut qu'il y ait un vrai mode opérationnel, un vrai calendrier, de vraies évaluations et une vraie mobilisation de tous les acteurs.