Mort de Valéry Giscard d'Estaing : "le monopole du cœur", "au revoir"... ces phrases cultes de l'ancien président

L'ancien président est mort mercredi à l'âge de 94 ans des suites du Covid-19. Quelques formules et petites phrases qu'il a prononcées resteront pour la postérité. 

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France Télévisions
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L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing lors de sa première conférence de presse comme candidat à la présidentielle, le 12 avril 1974, à Paris. (AFP)

Sa dernière phrase prononcée en tant que président de la République, en 1981, tient en deux mots : "Au revoir". Un "message de départ" aux Français resté dans les annales. Valéry Giscard d'Estaing, mort à l'âge de 94 ans mercredi 2 décembre, avait le sens de la formule. Quelques-unes de ses phrases sont devenues cultes. Passage en revue des plus célèbres.

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En 1967, "Oui mais" face à De Gaulle

Le 10 janvier 1967, Valéry Giscard d'Etaing définit sa position dans la majorité gaulliste par la formule "oui, mais". Le général De Gaulle répond le lendemain : "On ne gouverne pas avec des mais". Le 17 août 1967, critiquant "l'exercice solitaire du pouvoir" du général, VGE affirme que "l'autorité du président de la République ne doit trancher qu'après les délibérations nécessaires"

En 1974, "le monopole du cœur" face à Mitterrand

Le 22 avril 1974, se lançant dans la campagne présidentielle, Valéry Giscard d'Estaing déclare : "J'ai dit que je voulais regarder la France au fond des yeux, mais je voudrais aussi atteindre son cœur." Un mois plus tard, le 10 mai, lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours, il se trouve face à son rival François Mitterrand. Ce dernier évoque la répartition des richesses et affime que "c'est presque une question d'intelligence, c'est aussi une affaire de cœur". Giscard interrompt alors son adversaire : "Je trouve toujours choquant et blessant de s'arroger le monopole du cœur. Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du cœur ! Vous ne l'avez pas... J'ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien."

En 1981, "au revoir" aux Français

Le 19 mai 1981, le candidat battu à la présidentielle adresse un "message de départ" aux Français, qu'il conclut sur un inoubliable "au revoir", avant de se lever et de sortir du cadre, laissant une chaise vide à l'écran, alors que se joue La Marseillaise

Une séquence passée à la postérité que l'ancien président avait commentée en 2015. "A la fin de mon texte, je voulais signifier que je partais. Ce qui consistait à me lever de mon siège et à partir, avait-il expliqué sur Europe 1. Simplement, je n’avais pas vu que le bureau était si loin de la porte. Je croyais que c’était à trois mètres. En fait, c’était à sept ou huit mètres. (...) Il a fallu que je fasse un long trajet qui, depuis, est devenu malheureusement un peu célèbre."

En 2004, "l'immortalité, une valeur refuge"

S'il a été le plus jeune président de la Ve République lors de son élection, Valéry Giscard d'Estaing a, plus tard, ironisé sur son âge et sa longévité. Le 25 septembre 2001, persuadé que la candidature de Jacques Chirac à sa réélection peut être handicapée par les affaires, son ancien rival VGE se dit prêt, peu gêné par ses 75 ans : "J'ai l'âge du Premier ministre chinois, l'homme le plus populaire dans son pays".

Trois ans plus tard, le 15 décembre 2004, il fait cette déclaration lorsqu'il est reçu à l'Académie française à 78 ans : "A mon âge, l'immortalité est devenue une valeur refuge."

En 2005, le projet de Constitution européenne "joliment écrit"

Le 21 avril 2005, alors que le débat bat son plein autour du projet de Constitution européenne, Valéry Giscard d'Estaing, fervent défenseur de l'Europe, trouve que c'"est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit. Je le dis d'autant plus aisément que c'est moi qui l'ai rédigé". Il ajoutera : "C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la réponse soit oui." La suite, on la connaît : les Français ont rejeté le texte à plus de 54%. 

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