VIDEO. Deuil national en hommage à VGE : son fils Louis estime "légitime" que le musée d'Orsay porte son nom

"C'est lui qui a empêché la destruction de la gare d'Orsay quand il était président", défend Louis Giscard d’Estaing qui évoque un homme "simple" et "décontracté dans la vie de tous les jours", ayant "le sens de l'humour" et de "l'autodérision".

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Journée de deuil national, mercredi 9 décembre en France, une semaine après la mort de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing à 94 ans. Donner son nom au musée d'Orsay serait pour son fils Louis Giscard d’Estaing, vice-président de l’UDI, maire de Chamalières dans le Puy-de-Dôme, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, "une façon" de lui "rendre hommage", a-t-il invité sur franceinfo.

franceinfo : Il n'y aura pas d'hommage national, Valéry Giscard d'Estaing n'en voulait pas. Pourquoi ?

Louis Giscard d’Estaing : Il considérait que l'hommage national était avant tout pour les chefs militaires. Pour le reste, il considérait que c'était de la sphère privée et c'est pour ça qu'il souhaitait des obsèques privées, strictement familiales.

En voulait-il aux Français de ne pas l'avoir réélu en 1981 ?

Il était forcément meurtri de ne pas avoir vu son action reconnue comme il aurait pu le souhaiter avec une réélection en 1981. C'était surtout de la déception de considérer que ce qu'il avait réalisé n'avait pas été pleinement récompensé par les Français.

Était-il mal compris, mal aimé ?

Je ne dirais pas ça. Si on considère l'équation politique de 1981 il fait plus de 48%. Jacques Chirac face à François Mitterrand sept ans plus tard obtient 45%. En réalité, après sept années de présidence, beaucoup de mesures, des réformes, il n'a que trois points de moins que lors de son élection sept ans auparavant.

Quelle est la réforme dont il était le plus fier ?

Je pense pour le droit des femmes, l'IVG et le divorce par consentement mutuel, et l'autre c'est l'abaissement de la majorité à 18 ans et donnant des droits nouveaux à tous les jeunes de France.

Avait-il des regrets ?

Il souhaitait engager un mouvement de décentralisation au-delà de 1981, cela aurait été un des axes forts de son second mandat. Sur la peine de mort, il n'était pas favorable à l'abolition. Il n'était pas prêt lui et cela ne correspondait pas à ce qu'il ressentait comme une absolue nécessité.

À 83 ans, Valéry Giscard d'Estaing s'est lancé dans l'écriture d'un roman La princesse et le président, dans lequel il raconte la passion entre un ancien président et une princesse que tout le monde à l'époque a identifiée comme Lady Di. Qu'en pensez-vous ?

C'était sûrement une façon d'utiliser son sens littéraire et son goût du roman pour faire quelque chose qui correspondait à sa volonté de séduction qu'il avait eu souvent l'occasion de mettre en valeur vis-à-vis des Français. C'était quelque chose qui l'amusait. Il avait ce sens de l'humour, d'autodérision qui pouvait être perçu par ses amis et ses proches.

Qu'est-ce qu'on ne sait pas de votre père ?

Que c'était quelqu'un d'extrêmement simple, de décontracté dans la vie de tous les jours, pas du tout formel. Il était très libre de penser en particulier vis-à-vis de ses enfants. Il nous a laissé choisir notre propre trajectoire, nos parcours de formation. C'était un esprit libre.

Plusieurs personnalités politiques demandent que le musée d'Orsay porte le nom de Valéry Giscard d'Estaing. Qu'en pensez-vous ?

C'est légitime, c'est lui qui a empêché la destruction de la gare d'Orsay quand il était président. Ensuite, il a eu l'idée d'y créer un musée du XIXe siècle avec le succès qu'on connaît. Je pense que ce serait une façon de rendre hommage à l'action de Valéry Giscard d'Estaing.

Louis Giscard d’Estaing, le fils de l’ancien président, vice-président de l’UDI, maire de Chamalières dans le Puy-de-Dôme et conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, sur franceinfo le 9 décembre 2020.
Louis Giscard d’Estaing, le fils de l’ancien président, vice-président de l’UDI, maire de Chamalières dans le Puy-de-Dôme et conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, sur franceinfo le 9 décembre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)