Passionné de chasse, Valéry Giscard d'Estaing voulait en faire "un outil de rayonnement pour l'Etat"

"Il a remis au goût du jour les chasses présidentielles", raconte le journaliste politique Marcelo Wesfreid.

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Valéry Giscard d'Estaing et le prince d'Espagne Juan Carlos lors d'une partie de chasse à Chambord, le 22 février 1975. (HENRI BUREAU / SYGMA /VCG VIA GETTY IMAGES)

Valéry Giscard d'Estaing est mort mercredi 2 décembre à 94 ans. L'ancien président de la République était un passionné de chasse, notamment à Chambord. Cette passion lui a été utile pendant son mandat. Il voulait "une chasse haut de gamme qui soit un outil de rayonnement pour l'État, pour son pouvoir", a expliqué sur franceinfo Marcelo Wesfreid, journaliste politique, grand reporter au Parisien-Aujourd'hui en France.

franceinfo : Quel rapport avait Valéry Giscard d'Estaing avec la chasse ?

Marcelo Wesfreid : Il adorait y aller. Il avait une résidence dans le Loir-et-Cher à 50 minutes en voiture de Chambord, il y allait souvent. Il lui arrivait même de partir de l'Élysée, de prendre un hélicoptère pour s'adonner à sa passion qu'était la chasse.

Au-delà de sa passion était-ce un moyen de nouer des liens politiques ?

Il a remis au goût du jour les chasses présidentielles. Il a chassé avec le président du Conseil constitutionnel, avec le PDG d'une grande entreprise, avec le duc d'Édimbourg, avec Juan Carlos...

"Il faisait de la diplomatie, de la politique, de l'économie en s'adonnant à ce qui était pour lui sa passion dans une tradition royale et républicaine."

Marcelo Wesfreid, journaliste politique

à franceinfo

Il a fait changer les pratiques et il demandé que les rabatteurs soient habillés en chemise blanche et en cravate. Il fallait une chasse haut de gamme qui soit un outil de rayonnement pour l'État, pour son pouvoir. Il ne voulait pas qu'on rentre bredouille. Il s'arrangeait pour que le tableau de chasse soit important.

Comment a-t-il découvert la chasse ?

C'est un virus qui lui est arrivé par le biais de sa belle-famille et il s'est mis tout de suite à chasser énormément. Il a acheté des bois, il a chassé avec Pompidou, il a chassé en France et à l'étranger. Il a beaucoup chassé en Centrafrique, au Gabon, en Pologne... Il lui arrivait d'aller chasser à Chambord tout seul dans ce qu'on appelle des tirs à l'approche. Il dormait sur un lit de camp dans une isba au milieu de la forêt. C'était sa passion absolue.

Les autres présidents vont-ils chasser après lui ?

Valéry Giscard d'Estaing est le dernier président chasseur. Chirac, tout corrézien qu'il est, ne veut pas entendre parler de la chasse et tente de faire fermer les chasses présidentielles. Nicolas Sarkozy est vraiment un urbain, François Hollande se méfie de la chasse. Emmanuel Macron ne chasse pas mais se rend compte que "l'outil" peut être très utile pour le pouvoir. Il assiste en décembre 2017 à un tableau de chasse, il va voir les chasseurs devant tous les sangliers morts. C'est intéressant parce qu'au-delà du fait qu'il vienne de la Somme, terre de chasse, il y a beaucoup de points communs entre ces présidents.

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