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Mort de Kofi Annan : "Il avait une vision extrêmement équilibrée de ce que devait être le monde", se souvient Michèle Alliot-Marie

L'ancienne ministre des Affaires étrangères, Michelle Alliot-Marie, a salué la mémoire d'un homme d'une "grande sagesse" après la mort de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

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Michelle Alliot-Marie au palais de l'Europe de Menton. (JEAN FRAN?OIS OTTONELLO / MAXPPP)

L'ancienne ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a réagi sur franceinfo à la mort samedi 18 août de Kofi Annan, et salue un homme "d'une grande sagesse". L'ancien secrétaire général des Nations unies et prix Nobel de la paix s'est éteint à l'âge de 80 ans.

Quelle image vous garderez de Kofi Annan ?

J'avais beaucoup de respect et d'amitié pour Kofi Annan. Je l'ai connu dans les années 1999 lorsque j'étais encore parlementaire. J'ai beaucoup travaillé avec lui entre 2002 et 2007 lorsque j'étais ministre de la Défense parce que c'était la période de la guerre d'Irak et également de l'Afghanistan. Kofi Annan, c'est un homme d'une très grande classe, d'une grande sagesse et surtout d'une très très grande gentillesse. C'est toujours ce qui m'a beaucoup frappé. C'était un homme profondément convaincu que le monde était un monde dangereux et qu'il fallait quotidiennement lutter pour la paix. Et il avait une vision extrêmement équilibrée de ce que devait être le monde. Il était profondément convaincu que le multilatéralisme était quelque chose de nécessaire pour que la paix puisse s'imposer, et qu’ensemble, les grandes nations puissent travailler pour la paix. Et en même temps pour le développement, lui qui était originaire du Ghana, il était profondément convaincu aussi que ce continent qui dépasse le milliard 'habitants maintenant, avec une population extrêmement jeune, devait jouer un rôle important dans l'équilibre du monde.

Et il voulait pour cela élargir les membres du conseil de sécurité de l'ONU à des pays d'Afrique, ce qu'il n'a pas réussi à faire, est-ce que c'est l'un de ses échecs ?

C'est l'échec de tous ceux qui sont convaincus qu'il est indispensable que le Conseil de sécurité intègre les grands pays. Il est anormal qu'un certain nombre de grands pays comme l'Afrique du sud ou comme l'Inde ne soient pas membres du Conseil de sécurité. Et d'une façon général il apparait assez aberrant, compte tenu de son poids démographique et de ses perspectives économiques, que l'Afrique ne soit pas du tout représentée au Conseil de sécurité de l'ONU. Surtout si on pense qu'une grande part des problématiques qui risquent de déstabiliser le monde depuis le terrorisme d'AQMI jusqu'à l'instabilité qui peut exister dans tout l'Est africain, sont des problèmes majeurs.

Lui-même reconnaissait son bilan mitigé, a-t-il fait preuve de trop de prudence ?

Je crois que c'était un grand diplomate, c'est à dire qu'il croyait à la vertu du dialogue, à la nécessité de convaincre plus que d'imposer ou de créer des éclats qui ne conduisent à rien. Alors évidement certains ont pu en profiter mais il est vrai aussi que dans les relations internationales, et on le voit en ce moment, les clashs sont surtout créateurs d'incertitude et de risques potentiels. Pour répondre très exactement, Kofi Annan avait une grande volonté, une grande espérance, et une détermination dans ce qu'il pouvait faire. Qu'il ait été déçu que son mandat ne corresponde pas à la volonté qu'il avait d'agir pour que l'ensemble du monde vive mieux c'est une réalité.

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