Un sénateur rend (très discrètement) près de 150 000 euros au Sénat

Cette somme correspond au reliquat, cumulé pendant seize années, de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM).

Un vote se déroule au Sénat, à Paris, le 2 octobre 2017.
Un vote se déroule au Sénat, à Paris, le 2 octobre 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les indemnités représentatives de frais de mandat (IRFM) sont un sujet très délicat parmi les parlementaires. Ainsi, Ouest France rapporte, mercredi 1er février, que l'ancien sénateur du Maine-et-Loire Daniel Raoul a très discrètement signé un chèque de 149 743 euros à l'intention du Sénat, afin de rembourser la somme perçue au titre de l'IRFM et qu'il n'avait pas dépensée durant les seize années de son mandat. Une initiative "vertueuse" qui pourtant suscite le malaise au Sénat, indique le quotidien. 

L’IRFM correspond à une enveloppe d'un peu plus de 6 000 euros mensuels pour les sénateurs et est censé servir à payer le loyer de la permanence, l’hôtel, les déplacements, la communication, les réceptions ou encore le matériel. "Mais faute de transparence et de contrôle, les abus sont légion et les crédits fondent opportunément à la fin d’un mandat", rappelle le quotidien régional.  

L'ancien élu souhaite "plus de transparence"

Si le Sénat et l'ancien sénateur n'ont pas souhaité commenté le montant, ce dernier a toutefois reconnu que tous n'étaient pas égaux devant l'IRFM, plaidant pour "plus de transparence". "Un sénateur parisien a forcément moins de frais qu’un sénateur de la Creuse qui doit beaucoup se déplacer, a nuancé Daniel Raoul. Et je ne vous parle pas des parlementaires également maire ou président de conseil général, qui bénéficiaient déjà d’avantages matériels."

Il assure notamment que son travail de président de la commission des affaires économiques "purement parlementaire", "engageait peu de frais de représentation, quand d’autres faisaient le choix de financer des rencontres et des réunions publiques, en Anjou par exemple".