VIDEO. Quand une permanence de député enrichit l'élu... et devient le salon de toilettage canin de sa fille

Elle ne devrait servir qu'à payer les transports, les repas, les vêtements... Mais l'IRFM, l'indemnité représentative de frais de mandat, a aussi permis à certains députés d'acquérir un bien immobilier, et de faire une belle opération financière quelques années plus tard. Explications. 

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Savez-vous ce qu'est l'IRFM, "l'indemnité représentative de frais de mandat" ? C'est l'enveloppe allouée chaque mois à tous les députés pour qu'ils puissent payer leurs repas, leurs transports, leurs vêtements... Montant actuel : 5 373 euros net par mois. Mais selon notre enquête, publiée jeudi 23 novembre, d'anciens députés l'ont aussi utilisée pour acheter une permanence parlementaire. Une bonne affaire, puisqu'ils sont ainsi devenus propriétaires avec l'argent du contribuable ! Mieux : après avoir quitté l'Assemblée, certains ont fait une belle plus-value en la revendant, ou continuent de toucher de l'argent en la louant. 

>> ENQUETE FRANCEINFO. Les bonnes affaires d'anciens députés qui ont acheté leur permanence avec des fonds publics

"L'OEil du 20 heures" de France 2 s'est ainsi rendu à Phalempin (Nord), pour voir ce qu'est devenue la permanence de l'ancien parlementaire (LR) Thierry Lazaro. Verdict ? Acheté en 2004 pour un peu plus de 53 000 euros, le local de 200 m² a été revendu douze ans plus tard à un assureur. Une opération qui a permis au député de gagner, selon notre estimation, pas moins de 90 000 euros ! "Je ne suis pas choqué, car la loi ne l’interdisait pas, se justifie l'ancien élu. A ma connaissance, je n'ai rien fait d’illégal ! Si on m’avait dit 'Thierry tu ne peux pas', j’aurais fait autrement !"

"Je fais ce que je veux !"

Un peu plus au nord, l’ancienne circonscription de Jean-Pierre Decool (LR). Pendant un temps, l’ex-député avait, lui, pas moins de trois permanences parlementaires pour recevoir les citoyens. A Hondschoote (Nord), le local acheté 36 590 euros en 2003 avec l'IRFM appartient toujours à l'ancien député. Mais aujourd'hui, la permanence est devenue un salon de toilettage canin... tenu par sa fille ! Là encore, le député n'y voit aucun problème : "C’est aujourd’hui un bien propre, donc je fais ce que je veux !"

De fait, la pratique n'a été interdite par le règlement de l'Assemblée nationale qu'en 2015. D’autres députés sont-ils devenus propriétaires grâce à cette IRFM ? Plus d’un tiers de ceux que nous avons contactés n’ont jamais donné suite.

>> Qu'a fait votre ancien député de sa permanence parlementaire ? Vérifiez-le avec notre moteur de recherche

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De nombreux anciens députés ont utilisé des fonds publics pour acquérir un bien immobilier qui fait désormais partie de leur patrimoine personnel. 
De nombreux anciens députés ont utilisé des fonds publics pour acquérir un bien immobilier qui fait désormais partie de leur patrimoine personnel.  (AFP / AWA SANE / FRANCEINFO)