Avocats, conférenciers, écrivains... ce que les déclarations d'intérêts révèlent de nos parlementaires

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a publié les déclarations remplies par les députés et les sénateurs.

Les députés durant la séance de questions au gouvernement à l\'Assemblée nationale, le 3 juin 2014.
Les députés durant la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 3 juin 2014. (MAXPPP)

Quand ils ne sont pas dans l'hémicycle, à exercer leur activité de député ou de sénateur, ils sont avocats, conférenciers, consultants ou écrivains. Environ 10% des parlementaires exercent une activité rémunérée dans le privé, selon le décompte de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

>> Consultez la déclaration d'intérêts de votre député ou sénateur

Créée dans la foulée de l'affaire Cahuzac, elle a dévoilé, jeudi 24 juillet, les déclarations d'intérêts remplies par les députés et les sénateurs. Francetv info passe en revue ces documents et liste ce qu'ils nous apprennent de nos élus.

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Les avocats 

Au nom de la lutte contre les conflits d'intérêts, il avait été un temps question d'interdire aux parlementaires d'exercer le métier d'avocat. Selon le décompte de l'Assemblée, ils sont 37 à déclarer cette profession. C'est le cas de Jean-François Copé, pour qui cette activité a rapporté 313 703 euros en 2012, et 184 734 euros pour les six premiers mois de 2013.

Avocat bien avant son entrée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, Gilbert Collard gagnait bien sa vie grâce à sa profession : plus de 400 000 euros en moyenne entre 2008 et 2012.

> Députés et avocats, ils expliquent pourquoi ils cumulent

Les conférenciers

La parole des parlementaires vaut parfois cher. Via son entreprise 2F Conseil, François Fillon donne des conférences et prodigue ses conseils, le tout pour une somme significative : 70 000 euros en 2012 et 142 500 euros en 2013. 

Fortune similaire pour le conférencier Christian Jacob : ses "conseils en stratégie d'entreprise" lui ont rapporté 79 000 euros en 2009. Mais il précise avoir "suspendu" les activités de sa société CJCSE en novembre 2010, date son élection à la présidence du groupe UMP. Toujours à l'UMP, Luc Chatel annonce une rémunération de 183 135 euros en 2013 pour du "conseil et accompagnement en stratégie", contre 35 000 euros la même année pour Jean-François Copé.

Les écrivains

A ce petit jeu, Bruno Le Maire s'en tire plutôt bien. Le député UMP précise que le montant annuel est variable, mais il affirme avoir touché 80 000 euros pour la publication de Jours de pouvoir, en 2013. Patrick Balkany annonce lui un total de 14 250 euros pour Une autre vérité, la mienne.

Le député-maire de Levallois-Perret fait mieux que sa collègue Nathalie Kosciusko-Morizet : seulement 5 024 euros déclarés pour Tu viens ?, et 2 339 euros pour son autre ouvrage, Le Front antinational.

Les familles

La politique est parfois une histoire de famille. Dans leurs déclarations d'intérêts, députés et sénateurs sont également tenus de lister le nom de leurs attachés parlementaires, ce qui permet de noter la présence, dans les allées des deux assemblées, de nombreux proches d'élus. Et ce, des deux côtés de l'hémicycle.

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone emploie son épouse Véronique à son cabinet. L'ex-président de l'UMPJean-François Copé, travaille également avec sa femme Nadiacomme l'avait révélé Mediapart. Le socialiste François Pupponi, les centristes François Sauvadet et Yves Jégo ou encore le député Bleu marine Gilbert Collard se sont eux aussi attachés les services de leurs compagnes.

> Femmes, frères, enfants... Quand les députés font travailler la famille

Les pointilleux... et les révoltés

Si de nombreux parlementaires se contentent de barrer les cases de leur déclaration et d'y inscrire "néant", d'autres ont semble-t-il pris le plus grand soin pour la compléter. Quitte à n'omettre aucun détail, y compris 16 euros d'action au Crédit agricole pour le socialiste Olivier Faure.

Le député socialiste François Brottes précise, lui, que "à part l'agent d'entretien, l'ensemble de [ses] collaborateurs ne travaillent que pour [lui]". Son collègue PS Matthias Fekl a pris la peine de joindre en annexe une longue liste de ses activités de représentations pour le conseil régional d'Aquitaine.

D'autres, au contraire, ont fait part de leur indignation face au procédé. "A bas l'inquisition", écrit l'UMP Jacques Myard sur le document adressé à la Haute autorité. Eric Jalton, membre du groupe socialiste, l'a rempli à sa manière, de façon plutôt brouillonne : sans même prendre la peine de marquer son prénom et en usant et en abusant des ratures.

> Fayots ou révoltés... comment les parlementaires ont rempli leurs déclarations d'intérêts