Présidentielle : "Ma génération ne peut se résigner à avoir à arbitrer entre des versions différentes de la droite"

Après l'élimination du candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, à l'élection présidentielle dimanche, le président des Jeunes socialistes, Benjamin Lucas, appelle aux "responsabilités face à l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir."

Benjamin Lucas, le 14 janvier 2017.
Benjamin Lucas, le 14 janvier 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

Benjamin Lucas, président des Jeunes socialistes, déplore, mardi 25 avril, sur franceinfo, l'attitude de ses aînés, qui a, selon lui, en partie conduit à l'élimination de Benoît Hamon dès le premier tour de l'élection présidentielle : "La gauche ne s'en sortira pas si elle est opposée entre deux blocs, ceux qui se résignent au libéralisme, qui ont gouverné dans ce quinquennat, et qui ont échoué, ou si elle est sectaire et intransigeante comme on l'a vu avec Jean-Luc Mélenchon dimanche soir, en refusant, par exemple, de prendre ses responsabilités face à l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir."

Cependant, le vote Macron n'est pas une adhésion aux idées du candidat selon Benjamin Lucas. Pour lui, la famille politique "ne peut pas, non plus, gouverner avec Emmanuel Macron, parce que la gauche, ça n'est pas gouverner avec la droite pour supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, pour réformer le code du travail à coup d'ordonnances, la gauche c'est autre chose que cela, c'est une aspiration à légalité, et il y a, de ce point de vue-là , un avenir à gauche aujourd'hui".

La reconstruction comme priorité

Le président des Jeunes socialistes déplore que pour la seconde fois, "la gauche n'est pas à la hauteur, l'extrême droite est aux portes du pouvoir."

Ma génération ne peut pas se résigner à avoir à arbitrer, à chaque élection, entre des versions différentes de la droite qu'elle soit modéré comme M. Macron ou qu'elle soit plus à droite comme M. Chirac en 2002, et l'extrême-droite.Benjamin Lucasà franceinfo

"Si on est dans cet état d'esprit-là, la gauche disparaitra du paysage politique" prévient le président des Jeunes socialistes, qui précise que, dans l'immédiat, "la première tâche de la gauche, justement pour se reconstruire, est de mettre en échec Marine Le Pen dans quinze jours."