Des propos "indignes" : Nicole Belloubet répond à Jean-Luc Mélenchon qui dénonce la violation du secret de l'instruction dans son procès

Le chef de file des "insoumis" doit être jugé avec cinq de ses proches jeudi et vendredi, à Bobigny, pour les incidents ayant émaillé une perquisition au siège de La France insoumise en octobre 2018. Il s'en est pris à la garde des Sceaux dans "Le JDD".

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 28 août 2019 à Paris. 
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 28 août 2019 à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Les propos de Jean-Luc Mélenchon sont absurdes et même indignes". Dans une interview, dimanche 15 septembre, au "Grand Jury" de RTL-LeFigaro-LCI, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, répond à Jean-Luc Mélenchon qui, dans un entretien au JDD, dénonce l'absence d'ouverture d'une enquête sur la violation du secret de l'instruction dans l'affaire de la perquisition au siège de La France insoumise en octobre 2018. "Quelle 'justice' ? Il s'agit de guerre politique ? Le but est de nous nuire le plus longtemps possible", affirme le chef de file des "insoumis", ajoutant : "Belloubet a peur de ses subordonnés."

Jean-Luc Mélenchon doit comparaître, jeudi et vendredi, avec cinq proches à Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour les incidents ayant émaillé cette perquisition, diligentée dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen et les comptes de la campagne 2017.

"Il est dans l'invective, dans le fantasme"

Les déclarations du député des Bouches-du-Rhône "attaquent les magistrats et mettent en cause leur probité et leur indépendance", assure la garde des Sceaux. "Il est dans l'invective, dans le fantasme, dans le complot (...). C'est une erreur grave", a-t-elle poursuivi.

Jean-Luc Mélenchon avait également évoqué dans Le JDD les "oublis fâcheux" de la déclaration du patrimoine de Nicole Belloubet. "Cette maison de 184 mètres carrés dans l'Aveyron, et ces deux appartements à Paris de 61 et 32 mètres carrés, soit une valeur de plus de 330 000 euros ? Pour l'instant, elle n'a pas eu de signalement", affirmait-il. Réponse de la ministre : "Dans la dernière déclaration, j'ai oublié de mentionner des biens, j'ai effectué une rectification et la Haute autorité de la vie publique a considéré que les choses s'arrêtaient là."