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Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont tous répondu aux mêmes questions

C'est l'occasion de comparer leurs ambitions, leurs programmes, et les premières mesures qu'ils prendraient s'ils accédaient à l'Elysée.
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France Télévisions
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De gauche à droite : Martine Aubry, Ségolène Royal, François Hollande, Arnaud Montebourg, Manuel Valls (AFP / THOMAS COEX / Emmanuel Dunand / JOEL SAGET / Lionel Bonaventure)

C'est l'occasion de comparer leurs ambitions, leurs programmes, et les premières mesures qu'ils prendraient s'ils accédaient à l'Elysée.


Vous ambitionnez de devenir quel président ?

Martine Aubry : "Je serai la présidente du redressement de la France et du rassemblement des Français par la justice. Le redressement parce que notre pays est menacé de déclin dans la mondialisation. Et en même temps, le rassemblement par la justice: nos concitoyens savent que tout ne sera pas possible tout de suite et que des efforts sont nécessaires, mais ils veulent de l'équité et des engagements clairs. Les miens s'appellent l'éducation, l'emploi et le pouvoir d'achat, l'égalité femmes-hommes, la sécurité.

Ségolène Royal : "J'ambitionne de devenir une présidente aimée des Français et dont ils seront fiers. Une présidente qui libérera les forces de la créativité pour sortir de la crise économique. Une présidente qui garantira un ordre social juste et qui améliorera concrètement la vie des millions de Français qui ont perdu et qui ont peur de perdre: c'est la présidente des solutions qui incarne une nouvelle espérance."

François Hollande : "Un président qui donne aux Français confiance, respect et espoir, qui a donc la hauteur nécessaire pour incarner la France et l'humilité indispensable pour être au plus près des citoyens." "Un président qui doit redonner de la fierté aux Français par son action internationale et par la considération qu'il porte aux grandes questions planétaires qui sont celles de l'humanité toute entière."

Arnaud Montebourg :" Un président audacieux et innovant, engageant la France dans de grandes transformations économiques et politiques. Je souhaite bâtir avec toutes les forces du pays le nouveau modèle social, industriel et écologique français de l'après-crise."

Manuel Valls : "La situation de la France est difficile. La dette publique atteindra bientôt 90% du PIB. (...) Dans cette période très particulière, le futur président devra faire comprendre aux Français qu'irréalisme ou fausses promesses seront notre poison, il devra faire passer et faire partager les vertus de l'effort. Un effort collectif."
"Etre Français disait Renan, c'est 'avoir fait de grandes choses ensemble et vouloir en faire encore'. Je veux être le président des Français qui feront de grandes choses ensemble. Mon rôle sera de redonner l'envie de faire, collectivement, en mobilisant les énergies, dans la vérité et la pédagogie."



Comment définiriez-vous votre campagne ?
Martine Aubry : "De proximité en m'adressant directement aux Français. Une campagne qui rassemble des compétences, des générations, des cultures, des territoires, à l'image de l'équipe réunie autour de moi."

Ségolène Royal : "Appuyée sur l'expérience de la campagne de 2007, j'ai beaucoup travaillé pour en renforcer les atouts et corriger les défauts. Je suis prête et beaucoup plus expérimentée qu'en 2007. Depuis quatre ans, j'ai basé mon travail sur trois piliers :
_ Déplacements à l'étranger puisque, grâce à l'impact de la campagne de 2007, je suis connue et respectée dans le monde entier.
_ Les 17 universités populaires qui ont rassemblé une centaine d'experts de toute nature et développé le réseau Désirs d'Avenir avec les Universités populaires délocalisées.
_ La politique par la preuve dans ma région avec les succès incontestables sur la croissance verte et sur le développement des PME."

François Hollande : "Un mouvement qui, parti d'un engagement personnel et d'une décision venue de loin, rassemble à chaque étape davantage jusqu'en 2012." "Une campagne qui doit démontrer le caractère nouveau de la démarche que j'engage et le renouvellement des visages pour représenter la France de 2012."
"Une campagne qui va dire la vérité sur la situation de notre pays et qui va affirmer une volonté de faire de la jeunesse la grande cause du prochain mandat présidentiel."

Arnaud Montebourg : "C'est la campagne de la relève des idées et des générations. C'est une campagne qui porte et défend plusieurs grandes causes nationales: la VIe République, la démondialisation, le capitalisme coopératif, la révolution industrielle verte."
"C'est surtout une campagne faite par 4.000 premiers volontaires, des hommes et des femmes qui ne sont pas des professionnels de la politique et dont l'engagement et la créativité sont le plus précieux carburant."
"Cette campagne authentique, loin des appareils et des barons, c'est celle d'une idée qui fait son chemin, qui grossit en marchant et qui écrit page après page l'histoire inattendue de cette primaire."

Manuel Valls : "Une campagne où l'essentiel sera de dire les vérités aux Français. (...) les respecter et les rendre acteurs de leur destin. (...) Ce sera une campagne de rencontres, de plaisir -les Français doivent prendre plaisir à reprendre leur destin en main- et aussi de surprises. Et des surprises, il y en aura: les Français ne se laissent jamais imposer les scénarios écrits l'avance."



Les premières mesures de votre mandat ?
Martine Aubry : "Elles tourneront la page du sarkozysme. J'irai à Berlin réaffirmer l'indispensable unité de vue franco-allemande pour redémarrer l'Europe. Je lancerai avec le gouvernement les premiers chantiers: premiers emplois d'avenir, relance de l'investissement par la modulation de l'impôt sur les sociétés, annulation des dépenses fiscales inutiles de la droite, dont la recette sera affectée pour moitié au désendettement et au rétablissement des comptes de la sécurité sociale."

Ségolène Royal : "Contre la vie chère et l'endettement des familles. Le blocage immédiat des prix de 50 produits de première nécessité et du prix de l'énergie et la réforme des tarifs bancaires."
"Pour la relance économique: la banque publique d'investissement à dimension régionale et le Grenelle des PME pour soutenir la créativité et l'innovation."
"A l'international: le retrait des troupes d'Afghanistan. Une initiative franco-allemande créant un ministère commun de la relance économique afin de défendre l'euro."

François Hollande : "La réforme fiscale qui est la condition préalable de la réussite des autres, une nouvelle étape de la décentralisation, la consécration de la démocratie sociale et l'ouverture d'un grand débat sur la transition énergétique et écologique, et notamment la place du nucléaire."

Arnaud Montebourg :"Mes premières mesures seront des mesures de démondialisation, interdisant la spéculation financière, mettant sous tutelle les banques et les institutions financières, et organisant le démantèlement des agences de notation privées, afin de protéger le pays des attaques des marchés financiers."
"Je proposerai un plan de désendettement européen en mettant à contribution obligatoire les banques qui devront abandonner partie de leurs créances, car il est hors de question de faire payer la facture de la crise financière aux classes moyennes et populaires d'Europe."
"Je demanderai au Parlement le vote d'une loi sur les moyens exceptionnels de protection de l'industrie française, et engagerai dans les six premiers mois le processus de référendum consacrant la naissance de la VIe République."

Manuel Valls : "J'en prendrai deux simultanément hautement symboliques (...) Je mettrai en place un ministère commun franco-allemand de l'économie et des finances. Face à une Europe qui demeure un nain politique, il faut poser des actes forts et irréversibles. Avec deux missions: améliorer notre compétitivité et réduire le niveau de la dette."
"Parce que la culture est déterminante pour l'émancipation individuelle, et que s'y logent très tôt les injustices sociales et économiques, je mobiliserai les moyens de l'Etat pour que chaque enfant du primaire puisse s'initier à la pratique d'un art et fréquenter les oeuvres capitales qui s'y rattachent."



Décrivez-vous en trois adjectifs.
Martine Aubry : "Déterminée, car il faudra la volonté de décider et d'agir, de manière juste. Les Français savent qu'ils peuvent me faire confiance car quand je m'engage, je fais. Exemplaire et sincère: c'est dire la vérité et avoir un comportement irréprochable sur le plan de la morale et de l'éthique."

Ségolène Royal : "Honnête, forte, expérimentée."

François Hollande : "Cohérent pour être constant dans les choix quelles que soient les circonstances, robuste pour surmonter les chocs, les crises et les coups, et serein pour offrir la stabilité que le pays réclame."

Arnaud Montebourg : "Loyauté, tenacité, humanité."

Manuel Valls : Il ne m'appartient pas de me décrire. On ne peut être juge et partie. Les Français le feront. Il m'appartient en revanche de tout faire pour porter les valeurs qui transcenderont les esprits partisans et les intérêts individuels."
"Je veux donc incarner et porter une énergie du changement, une République en action et les nouveaux visages qui, partout en France, ne baissent pas les bras."

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