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Sondage sur le FN : "C'est autour de Marine Le Pen que se concentre la dégringolade" constatée du parti

Emmanuel Rivière, à la tête de l'institut de sondage Kantar Public qui publie un sondage sur le FN, estime, mercredi sur franceinfo, que le parti frontiste est confronté "à la fin d'un cycle". 

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Radio France
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Marine Le Pen, la président du FN, à l'Assemblée nationale, le 17 janvier 2018. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L'image de Marine Le Pen auprès des Français s'est sensiblement dégradée en un an selon un sondage Kantar Sofres - OnePoint pour franceinfo, Le Monde, LCP et Public Sénat, publié mercredi 7 mars. Seuls 16% des Français considèrent que la présidente du Front national ferait une bonne présidente de la République, alors qu'ils étaient 24% lors de la précédente enquête en février 2017. Pour Emmanuel Rivière, politologue et directeur général de l'institut de sondage Kantar Public, ce sondage montre la grande fragilité du parti d'extrême droite.

franceinfo : Dans ce sondage, qu'est-ce qui explique la dégringolade du Front national ?

Emmanuel Rivière : C'est autour de Marine Le Pen et de sa figure que se concentre la dégringolade constatée dans cette enquête. C'est la fin d'un cycle pour le FN, car c'est bien l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti qui avait fait grimper le taux d'adhésion aux idées du parti. Sous sa présidence, ce taux n'était jamais descendu sous les 30% de Français en partie d'accord avec les propositions du FN. Là, on est à 24%.

Est-ce lié au débat avant le second tour de la présidentielle ?

Ce débat a été une révélation. Marine Le Pen s'est fracassée contre ce débat. Mais on voyait les indices de cette dégringolade antérieurement. Au cours de sa campagne 2016-2017, sa cote dans nos enquêtes ne cessait de baisser. Quelque chose s'était grippé dès les défaites des régionales de 2015. (...) Cette enquête nous montre pour la première fois qu'il y a davantage d'électeurs qui sont prêts à quitter le FN, que d'électeurs en passe d'être conquis.

Mais les idées du Front national reculent-elles pour autant ?

Pas tant que ça. Si on regarde ce que les Français pensent du nombre d'étrangers, de la place faite à l'islam et aux musulmans et des questions d'identité, il n'y a pas tant que ça de recul. On est à des niveaux qui restent élevés sur ces dernières années. (...) Ce sur quoi le FN recule dans cette enquête, c'est sa crédibilité à gagner tout seul. D'où la question d'un nouveau nom pour un nouveau cycle.

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