Résultats présidentielle 2022 : les principales réactions politiques après la victoire d'Emmanuel Macron

Les soutiens des candidats et les responsables des principaux partis politiques se sont exprimés après la réélection d'Emmanuel Macron et la défaite de Marine Le Pen.

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Radio France
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Emmanuel Macron, le 24 avril 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Emmanuel Macron a été réélu à la présidence de la République, dimanche 24 avril, avec 58,54% des voix face à Marine Le Pen, selon les résultats comptabilisés par le ministère de l'Intérieur. La candidate du Rassemblement national a recueilli 41,46% des suffrages. L'abstention s'établit à 28,01%.

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"Un exploit d'être élu après des crises de toutes natures", pour Eric Woerth

"C'est une victoire claire et nette", réagit sur franceinfo Eric Woerth, député de l'Oise, apparenté LREM, après la réélection d'Emmanuel Macron. "Un chiffre qui ne se discute pas", ajoute Eric Woerth. Il pointe le chiffre de l'abstention "qui doit nous préoccuper". "Il faudra répondre à cela par des résultats", assure le député. 

Eric Woerth rappelle que c'est "la première fois qu'un président est réélu en exercice en dehors d'une cohabitation". Selon lui, c'est "un exploit d'être élu après des crises de toutes natures" : le Covid-19, la crise des"gilets jaunes", et la guerre en Ukraine. Il estime qu'on le doit à "la capacité d'union, de rassemblement" d'Emmanuel Macron, et à sa "façon d'avoir une vision pour l'avenir auquel on peut s'accrocher. Seul Emmanuel Macron avait une vision positive de la France".

Jean Castex salue "une victoire riche de significations"

"Les chiffres sont très éloquents, ils parlent d'eux-mêmes", abonde François Bayrou. Pour le patron du MoDem et maire de Pau, invité de France 2, cette réélection qui arrive après "cinq ans d'épreuves" est "la reconnaissance par les Français que c'était le meilleur choix pour le pays"

"C'est une victoire riche de significations politiques", estime pour sa part le Premier ministre Jean Castex. Après le discours du président réélu, au Champ-de-Mars, il s'est réjoui "tant de la réélection nette d'Emmanuel Macron que de la défaite de Mme Le Pen et des idées d'extrême droite". Pour Jean Castex, le peuple français "a porté des messages forts" et le président "a raison de dire que cette victoire l'oblige, que la France est traversée par une crise forte", évoquant des "divisions" et des "incompréhensions" dans le pays.

Le RN fustige une "coalition" anti-Le Pen

"Je redoute le troisième tour social qui se fera dans les rues", a déclaré sur France 2 le maire RN de Perpignan Louis Aliot. Il pointe "la coalition de tous ceux qui sont contre" Marine Le Pen. "De monsieur Mélenchon à monsieur Ferrand, tout le monde voulait cinq ans de plus de monsieur Macron. Ils vont les avoir." Louis Aliot imagine "quelques mois difficiles à venir".

Le maire RN de Perpignan estime qu'entre "les positions de Mélenchon et le programme défendu" par Richard Ferrand, le président LREM de l'Assemblée nationale, "il y a un grand écart qui ne va pas être facile à faire".

Louis Aliot attend maintenant "que la classe politique fasse son autocritique". Il estime que la France va "vers une recomposition politique". L'élu RN vise les élections législatives "pour organiser un contre-pouvoir, un bloc populaire qui doit affrontera ce bloc élitaire".

LFI dénonce "un vote par défaut"

"Ce vote était pour l'essentiel un vote par défaut, sans enthousiasme, un vote barrage qui a fonctionné", affirme sur franceinfo Adrien Quatennens, député de La France insoumise du Nord au sujet de la réélection d'Emmnuel Macron. Il affirme même que "Marine Le Pen a réussi à faire réélire un président sortant détesté qui porte un projet d'une brutalité sociale sans nom".

Selon Adrien Quatennens, la nouveauté de ce scrutin est "la constitution d'un pôle populaire autour de Jean-Luc Mélenchon". "À mon tour, poursuit le député LFI, je demande aux Français de se préparer à une grande mobilisation" pour les élections législatives. Pour l'élu du Nord, "ces élections peuvent fonctionner comme un troisième tour". La France insoumise a, dit-il, "vocation à élargir ce pôle populaire pour bâtir une majorité alternative à l'Assemblée et gouverner ce pays".

Emmanuel Macron est "un président qui sait qu'il a été très mal élu, qui sait qu'il est détesté par une partie des Français, et qui a été élu dans un océan d'abstention", estime dimanche sur franceinfo Manon Aubry, député européenne LF. Elle appelle le président à considérer sa réélection comme "un avertissement". "Ne le prenez pas comme un blanc-seing pour continuer vos politiques antisociales dans les cinq prochaines années", lance l'eurodéputée.

"Un vote de désespérance" pour LR

"La démocratie s'est exprimée clairement dans un contexte particulier", analyse sur France 2 Christian Jacob, président du parti LR, après la réélection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Ce contexte est selon lui "celui du Covid, celui de la guerre en Ukraine" mais aussi "celui qu'Emmanuel Macron a voulu mettre en place". Le président a voulu "à tout prix avoir ce face à face avec Marine Le Pen, car c'était pour lui l'assurance de gagner", estime Christian Jacob. "Il a tout fait pour cela."

Le président des Républicains estime qu'il n'y a "jamais eu un tel vote de désespérance en France". "c'est le résultat de l'action de la majorité parlementaire pendant cinq ans. Jamais le résultat des extrêmes a été à ce niveau en France", ajoute-t-il.<emIl pointe "l'explosion de la dépense publique, de la violence et de la précarité".

Dans la perspective des élections législatives de juin prochain, Christian Jacob estime que son parti peut s'appuyer sur "des élus de terrain. Les Républicains "ont cet ancrage sur le terrain", insiste-t-il. "C'est à partir de là que l'on veut rebondir".

EELV "n'a pas confiance" en Emmanuel Macron

"C'est un immense soulagement que l'extrême droite soit battue", réagit sur franceinfo Julien Bayou, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, tout en affirmant que le président sortant avait été élu "par défaut". "Il doit entendre cela, nous ne lui donnons aucun crédit", insiste l'écologiste. "Il a déjà fait beaucoup de discours verts, nous n'avons pas confiance en lui".

Pour les élections législatives, Julien Bayou appelle à une "coalition à gauche" pour envoyer un "maximum de députés écologistes et de gauches, Insoumis, socialistes, communistes, à l'Assemblée". Il estime que La France insoumise doit "assumer sa responsabilité" après le score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour. "Plutôt qu'une union populaire, il faut assumer une coalition avec les forces qui peuvent se retrouver sur un programme, des grandes mesures".

"Il ne faudrait pas qu'Emmanuel Macron prenne le melon", lance Fabien Roussel

"Il faut prendre acte du résultat", a réagi dimanche 24 avril sur France 2 Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, après la réélection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. "Mais il ne faudrait pas que le président de la République, ses ministres et son gouvernement prennent le melon, ce n'est pas la saison", tempère l'ancien candidat à la présidentielle.

Fabien Roussel rappelle que les Français qui ont donné leur voix à Emmanuel Macron, n'ont pas tous "voté pour le projet porté par LREM et le président de la République". "Ce serait se tromper que de croire cela, lance-t-il à l'adresse de la majorité, et se tromper que de croire qu'ils vont pouvoir dérouler toute la politique qu'il [Emmanuel Macron] a pu présenter, le pire qu'il a présenté pendant cette élection." Au sujet de la réforme de la retraite voulue par le président réélu, Fabien Roussel estime qu'Emmanuel Macron ne doit pas croire "qu'il va pouvoir la mettre en œuvre".

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