Le Parlement européen lève l'immunité de Marine Le Pen dans une affaire de diffamation

Cette décision concerne un contentieux avec Christian Estrosi, et non l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

Marine Le Pen assiste à une session plénière du Parlement européen, le 17 janvier 2016, à Strasbourg (Bas-Rhin).
Marine Le Pen assiste à une session plénière du Parlement européen, le 17 janvier 2016, à Strasbourg (Bas-Rhin). (ELYXANDRO CEGARRA / NURPHOTO / AFP)

Le Parlement européen a levé l'immunité de Marine Le Pen, jeudi 15 juin, à la demande de la justice française, pour une affaire de diffamation à l'encontre de, Christian Estrosi. Dans cette affaire, le maire de Nice reproche à l'eurodéputée frontiste de l'avoir accusé, en mai 2015, de financer l'Union des organisations islamiques de France par le biais d'un loyer très modéré pour une mosquée. "Lorsque l'on aide le fondamentalisme islamiste à s'installer, à diffuser, à recruter (...) quelque part, moralement, oui, on est un peu complice" des jihadistes, avait dit la présidente du Front national.

"On va enfin pouvoir faire le procès de tous ces élus qui frayent avec les organisations fondamentalistes islamistes !", avait réagi Marine Le Pen, dès mardi, après l'annonce que son cas serait soumis à la réunion en plénière du Parlement cette semaine.

Les élus européens ont estimé n'avoir aucune raison de soupçonner que cette procédure judiciaire française soit motivée par une "intention de nuire à l'activité parlementaire ou politique de Marine Le Pen" et ont donc approuvé à main levée la levée de son immunité.

Une autre levée d'immunité en vue ?

Cette procédure n'a rien à voir avec une autre demande de levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, également transmise au Parlement européen par la justice française, mais concernant cette fois l'enquête sur le caractère potentiellement fictif des emplois de certains assistants parlementaires du Front national. Cette demande est en cours d'étude selon la procédure habituelle.

Marine Le Pen mène campagne cette semaine pour les élections législatives françaises. Elle est elle-même candidate dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où elle est bien placée pour l'emporter face à la candidate de la République en Marche, Anne Roquet. Si elle était élue à l'Assemblée nationale, la présidente du FN devrait quitter le Parlement européen, où elle siège depuis 2004. Elle bénéficierait alors de l'immunité parlementaire française.