"Je vois pas pourquoi on pourrait nous taxer encore de racistes" : pour ses militants, le Rassemblement national est un "parti normal"

Le Rassemblement national est toujours majoritairement perçu comme "raciste", mais doit être considéré comme un parti comme les autres, affirment 56% des Français.

Marine Le Pen à Fessenheim, le 16 mai 2019.
Marine Le Pen à Fessenheim, le 16 mai 2019. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Près de six Français sur dix estiment que le Rassemblement national (RN) doit être considéré comme les autres partis, d'après un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour franceinfo et Le Figaro. Pour les militants RN rencontrés à Fessenheim, en Alsace jeudi 16 mai dans un meeting de Marine Le Pen et Jordan Bardella, la tête de liste du parti aux élections européennes, la réponse semble évidente. 

"Y a pas plus normal comme parti, affirme un militant, je ne vois pas pourquoi ce serait un parti autre que normal. Enfin moi, je pense que depuis que Jean-Marie [Le Pen] est parti, ça n’a plus lieu d’être. Il y a quand même une refonte du parti donc je vois pas pourquoi on pourrait nous taxer encore de racistes." Au contraire, pour cette retraitée, le racisme est dans l’autre camp, celui d’Emmanuel Macron : "il est raciste des Français. Il préfère les étrangers que les Français," affirme cette militante.

"Ce que j'attends de Marine, c'est un bon nettoyage !"

La "normalisation" entamée en 2011 à l’arrivée de Marine Le Pen a atteint son apogée il y a un an, quand le parti a changé de nom, et que le Front a cédé la place au Rassemblement national. Sur le fond, le discours anti-immigration est désormais teinté d’écologie sous l’impulsion d’Hervé Juvin, cinquième de la liste aux européennes.

"Partout, les frontières sont nécessaires à la vie, clame Hervé Juvin, parce qu’il n’y a pas d’organisme vivant qui subsiste s’il ne sait pas prendre de l’extérieur ce qui le nourrit mais rejeter de l’extérieur ce qui pourrait lui nuire, l’empoisonner, ou lui être défavorable." 

Cependant, certains électeurs ne prennent pas autant de pincettes. "On est chez nous. Eux, ilsne  doivent pas être chez eux, affirme cette femme. Ce que j’attends de Marine, c’est un bon nettoyage !"  L’image a changé, mais les fondamentaux restent les mêmes : c’est la grande réussite de Marine Le Pen.

Un reportage de Simon Le Baron
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