Affaire des kits de campagne du FN : le parti de Marine Le Pen condamné à 18 700 euros d’amende pour recel d’abus de biens sociaux

Sur les sept personnes, dont des cadres du parti et des proches de Marine Le Pen, qui avaient comparu au procès en novembre dernier, six ont été condamnés à des peines de prison - avec sursis pour la plupart - pour "escroquerie", "tentative d’escroquerie", "abus de bien sociaux" et "recel d’abus de biens sociaux".

Le siège du Rassemblement national, le 3 décembre 2018.
Le siège du Rassemblement national, le 3 décembre 2018. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Le parti de Marine Le Pen a été condamné mardi à 18 700 euros d’amende pour "recel d’abus de biens sociaux" par le tribunal de Paris, dans l’affaire des kits de campagne du FN (devenu RN en juin 2018), a constaté la journaliste de franceinfo présente à l’énoncé du délibéré. Sur les sept personnes, dont des cadres du parti et des proches de Marine Le Pen, qui avaient comparu au procès en novembre dernier, six ont été condamnés à des peines de prison - avec sursis pour la plupart - pour "escroquerie", "tentative d’escroquerie", "abus de bien sociaux" et "recel d’abus de bien sociaux".

Le RN s'en tire bien

Le Rassemblement national, contre qui le parquet de Paris avait requis 500 000 euros d’amende, s’en tire bien, puisque le tribunal a relaxé le parti de la principale accusation dans ce dossier, celle d'avoir mis en place une escroquerie de surfacturation des kits de campagne de ses candidats remboursés par l’État. Le tribunal a, en revanche, confirmé que les faits reprochés étaient "graves" et que certaines personnes avaient tiré de cette escroquerie des intérêts personnels.

Sur les sept protagonistes et les trois personnes morales poursuivies - le FN, la société Rewal et le micro-parti Jeanne - , seuls Alex Loustot, un élu francilien, et la société Rewal, ont été pleinement relaxés. L’ancien trésorier du parti, Walleyrand de St-Just, ancien trésorier du FN, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour escroquerie.

Un proche conseiller de Marine Le Pen condamné à 30 mois de prison

Frédéric Chatillon, un proche conseiller de Marine Le Pen, a quant à lui été condamné à 30 mois de prison, dont 20 avec sursis, et 250 000 euros d’amende, pour escroquerie et abus de biens sociaux multiples. Jean-François Jalkh, député européen et ancien vice-président du FN, a été condamné à 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, pour "escroquerie, tentative d’escroquerie et recel d’abus de biens sociaux".

Nicolas Crochet, expert-comptable, a été condamné à 2 ans de prison avec sursis, à 40 000 euros d’amende, et à trois ans d’interdiction d’exercer sa profession, pour "complicité d’escroquerie et complicité et blanchiment d’abus de biens sociaux". Olivier Duguet, l’ancien trésorier du micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis, pour escroquerie et tentative d’escroquerie. Sighild Blanc, compagne de Frédéric Chatillon, a quant à elle écopé de 12 mois de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende pour abus de biens sociaux et blanchiment. Le micro-parti Jeanne a quant à lui été condamné à 300 000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis.