Marine Le Pen se présente comme la candidate du "retour au réel"

Dimanche 11 décembre à Metz, Marine Le Pen a tenu le premier meeting de sa campagne. En Lorraine, elle s'adresse à un électorat qu'on dit tenté par le vote Front national et se définit comme la candidate de "La France des oubliés et des invisibles".

Marine Le Pen s\'adresse à la France des \"invisibles\"
Marine Le Pen s'adresse à la France des "invisibles" (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Dimanche 11 décembre à Metz, Marine Le Pen a tenu le premier meeting de sa campagne. En Lorraine, elle s'adresse à un électorat qu'on dit tenté par le vote Front national et se définit comme la candidate de "La France des oubliés et des invisibles".

Derrière Marine Le Pen à la tribune, le décor file l'image maritime. Un village de bord de mer, la nuit, seulement éclairé par la lumière d'un phare. On a compris que celui-çi symbolise la candidate du Front national. L'image est paisible mais contraste avec le discours offensif de Mme Le Pen.

"Les invisibles"

Avec ce premier meeting, Marine Le Pen veut signer son entrée dans le vif de la campagne. Quand il s'agissait jusqu' içi d'insister sur la cohérence de son programme, ce dimanche, l'heure est à la confrontation.

"Face à leur Dieu, le triple A, vous etes des triple rien", déclare la candidate FN.

Tout le discours est bâti, sur cette opposition entre ce qu'elle appelle la "caste" au pouvoir et les français.

En Lorraine , Marine Le Pen évoque évidemment Gandrange, site de l'usine Arcelor Mittal, présenté comme "le symbole des promesses trahies, des espoirs douchés et des mensonges éhontés".

"A ceux de Gandrange je promets que le vent de l'histoire balaiera tous ces imposteurs", affirme Mme Le Pen qui poursuit, "je serai la présidente du retour au réel et des oubliés de la politique française".

Et au terme en vogue d'indignés, elle préfère celui d'"'invisibles", "ces millions de Français dont on ne parle jamais". Devant une salle relativement juvènile, elle inclue cette jeunesse dans la France des "invisibles" lors d'un long développement, regrettant que "les jeunes de France soient réduits aux hordes de barbares qui règnent dans nos cités".

Le reportage de Guillaume Daret de France 2

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"Candidats faussaires"

Ensuite, elle évoque son projet de réindustrialisation fondé sur une planification de l'Etat. Ce thème est repris par tous les candidats, notamment cette semaine, par Français Bayrou. La présidente du Front revendique la paternité de ce thème, "concept fumeux agité en période électoraliste".

"Comment François Bayrou peut-il parler de produire, alors qu'il est un admirateur aveugle d'une Europe qui interdit le protectionnisme industriel", fustige la candidate, évoquant "comme tous les cinq ans le retour des candidats faussaires".

L'Europe est justement pour Mme Le Pen, le premier lieu de la manifestation de ce retour au réel. Elle redit une nouvelle fois son opposition à l'euro. " La fin de l'euro ,ce n'est pas la fin du monde mais la fin d'une expérience ratée", déclare t-elle en réponse à Nicolas Sarkozy qui lors de son discours de Toulon avait évoqué l'angoisse des Français.

"Il n' y a pas de raison de trembler, car nous pouvons reprendre la main. En réalité ce sont eux qui tremblent", assène l'oratrice à la tribune, sobrement vêtue d'un tailleur pantalon noir.

"Du pareil au même"

Evoquant la situation à la fédération PS du Pas-de-Calais, Mme Le Pen reprend les accents du "tous pourris", traditionnelles figures des meetings d'extrême-droite. Elle s'adresse directement à cet électorat ouvrier, à qui les sondages comme les études sociologiques, prêtent une inclination vers le FN.

"Hommes et femmes de gauche, pour le pouvoir et l'argent, ils ont tués vos rêves commes des vulgaires affairistes de droite", ironise Mme Le Pen, qui appelle à "sortir du balancier électoral entre le pareil et le même".

Enfin dans la patrie de Jeanne d'Arc, dont on fetera le 600 ème anniversaire de la naissance en 2012, elle termine comme elle a commencé par un appel au patriotisme."J'ai besoin du violent amour que vous portez à la France", conclut-elle avant d'entonner la Marseillaise.