Quatorze secrétaires d'Etat nommés dans le gouvernement Valls, dont sept femmes

Le secrétaire général de l'Elysée sortant, Pierre-René Lemas, l'a annoncé mercredi.

Fleur Pellerin et Manuel Valls en visite à Nanterre, le 11 janvier 2013.
Fleur Pellerin et Manuel Valls en visite à Nanterre, le 11 janvier 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

C'est officiel : le gouvernement Valls compte 16 ministres et 14 secrétaires d'Etat. Le secrétaire général de l'Elysée sortant, Pierre-René Lemas, a annoncé le nom de ces derniers mercredi 9 avril. Sept femmes figurent parmi les secrétaires d'Etat. Le gouvernement de son prédécesseur comptait 20 ministres et 17 ministres délégués.

Voici la liste complète.

Ceux qui arrivent

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. François Hollande et Manuel Valls ont choisi une personnalité expérimentée et marquée à gauche pour s’occuper du rôle clé des Relations avec le Parlement. Jean-Marie Le Guen, député de Paris et figure du PS, prend ainsi la suite d’Alain Vidalies et hérite de la délicate mission de faire la navette entre l’exécutif et le Parlement.

Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Selon Le Canard enchaîné, ses jours en tant que premier secrétaire du PS étaient comptés. Pour François Hollande, "Harlem Désir n’est pas à la hauteur". Le président préfère donc l’avoir dans le gouvernement plutôt qu’à la tête du parti. Nommé secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir profite toutefois d’une sortie par le haut après la débâcle des municipales. C’est Jean-Christophe Cambadélis, un proche de Martine Aubry, qui prend sa succession à Solférino. Ce que n’apprécie guère la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann.

Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au Numérique. Elle a fini par céder aux appels du président. Alors qu’elle avait refusé, en 2012, le poste de ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, invoquant sa vie personnelle, Axelle Lemaire rejoint finalement le gouvernement, en prenant le secrétariat d’Etat au Numérique. La députée des Français établis en Europe du Nord devra former un duo complémentaire avec Arnaud Montebourg, et faire oublier Fleur Pellerin, si appréciée que des représentants de la French Tech – ces entreprises françaises spécialisées dans le numérique – ont lancé une campagne sur Twitter pour qu’elle conserve son poste.

Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget. Le député de Meurthe-et-Moselle va gérer un domaine qu'il maîtrise puisqu'il est aussi rapporteur général du Budget à l'Assemblée. Cette personnalité est un gage pour l'aile gauche du PS : il est l'un des 89 députés signataires d'un texte demandant "un nouveau contrat de majorité", indique le JDD

André Vallini, secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale. C'est une sorte de lot de consolation pour ce fidèle de François Hollande, ancien président de la commission parlementaire sur l'affaire Outreau et passionné des questions de justice. Le sénateur de l'Isère, qui lorgnait sur le poste de Christiane Taubira, se retrouve finalement sous les ordres de Marylise Lebranchu.

Enfin, Laurence Rossignol hérite du secrétariat d'Etat à la Famille, aux personnes âgées et à l'autonomie, tandis que Ségolène Neuville prend celui dédié aux Handicapés et à la lutte contre l'exclusion. Le député PRG Thierry Braillard va s'occuper des Sports, en remplacement de Valérie Fourneyron, passée au Commerce et à l'Artisanat. Annick Girardin est elle nommée secrétaire d'Etat au Développement et à la francophonie

Ceux qui restent à leur poste, mais rétrogradent

Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat aux Transports. Sa nomination a été un casse-tête pour François Hollande. Car celui qui détenait déjà le portefeuille des Transports en tant que ministre délégué a beaucoup hésité à accepter de gérer de nouveau ce secteur à un poste moins prestigieux, rapporte Le Figaro. Son duo avec Ségolène Royal, qui a réclamé un secrétaire d’Etat aux Transports, s’annonce mouvementé. Le maire de Boulogne-sur-Mer est un chantre de l’écotaxe, contrairement à la ministre de l’Ecologie, qui souhaite remettre à plat la réforme. Une position vivement critiquée par Frédéric Cuvillier sur Twitter.

Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. Elle reste, mais rétrograde. Geneviève Fioraso, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, va aider Benoît Hamon en s’occupant des mêmes dossiers, en tant que secrétaire d’Etat. Cela devrait décevoir les milliers d’universitaires qui dénoncent, dans une pétition, son bilan à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur, selon Le Monde.

Par ailleurs, Kader Arif reste sous les ordres de Jean-Yves Le Drian, en étant nommé secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire. 

Ceux qui restent au gouvernement, mais bougent

Fleur Pellerin, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, à la promotion du Tourisme et aux Français de l'étranger. Fin du secret de polichinelle pour Fleur Pellerin. L’ancienne ministre déléguée à l’Economie numérique prend la tête du secrétariat d’Etat au Commerce extérieur, sous les ordres de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, qui s’est vu attribuer le secteur après une âpre bataille avec Bercy. Une jolie promotion pour cette énarque, pourtant très appréciée par les représentants de la French Tech.

Valérie Fourneyron, secrétaire d'Etat au Commerce, à l'Artisanat, à la Consommation et à l'Economie sociale et solidaire. L'ex-ministre des Sports a refusé de s'occuper à nouveau de ce secteur, selon L'Equipe citée par l'AFP.