En Espagne, Manuel Valls parle du "problème de l'islam, des musulmans" dans la société française

Invité d'une conférence du journal "El País" sur la question de la "crise d'identité" des pays, l'ancien Premier ministre a cité l'exemple du "problème de l'islam, des musulmans" en France. 

L\'ancien Premier ministre Manuel Valls, lors du second tour des élections législatives, le 18 juin 2017 à Evry (Essonne). 
L'ancien Premier ministre Manuel Valls, lors du second tour des élections législatives, le 18 juin 2017 à Evry (Essonne).  (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

Ses mots ne sont pas passés inaperçus. Invité de la conférence "España 40-40", organisée par le journal espagnol El País (en espagnol) autour de la question de "la crise d'identité" des pays européens, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a évoqué, mardi 21 novembre, "le problème de l'islam, des musulmans", relève Le Lab d'Europe 1.

"Tous les pays souffrent d'une crise d'identité, d'identité culturelle. Parce qu'il y a la mondialisation, il y a la crise politique, il y a les réseaux sociaux", a-t-il déclaré. "Il y a le problème des réfugiés. Surgissent dans nos sociétés, par exemple dans la société française, le problème de l'islam, des musulmans. Tout cela nous interroge sur ce que nous sommes."

L'ancien Premier ministre a expliqué qu'il était favorable à une "réponse ouverte" à ces questionnements identitaires mais qu'il déplorait certains discours "nationalistes" ou "populistes" qui consistaient à désigner systématiquement un bouc-émissaire tels que "Madrid, le capitalisme, Bruxelles, Washington, les étrangers ou les musulmans".

Des "propos tronqués", assure Valls

Ce positionnement a été vivement critiqué par plusieurs personnalités. Benjamin Lucas, le responsable des Jeunes socialistes, a dénoncé des propos dignes des journaux d'extrême droite Minute ou Rivarol tandis que le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Didier Guillaume, a assuré sur la chaîne Public Sénat qu'"il n'y avait pas de problèmes avec l'islam et les musulmans de France".

Mercredi, l'ancien Premier ministre a publié l'intégralité de son intervention sur son compte Twitter et assure que ses propos ont été tronqués. "Je dénonce le populisme qui s'en prend aux étrangers et aux musulmans", détaille-t-il.