Union des droites : comment "un laboratoire" de Gironde prépare le terrain d'un mouvement national

Le patron des Républicains refuse une alliance avec le Rassemblement national, mais une partie de la base ne refuse pas l'idée d'une union de toutes les droites. En Gironde, un collectif issu de plusieurs formations tente même d'échafauder un projet en ce sens. 

De gauche à droite, Edwige Diaz, Jean-Jacques Edard, Martine Hostier, Jean-Jacques Tachoire qui ont monté \"le collectif \"Pour la France\".
De gauche à droite, Edwige Diaz, Jean-Jacques Edard, Martine Hostier, Jean-Jacques Tachoire qui ont monté "le collectif "Pour la France". (RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

L'idée d'une union de toutes les droites creuse son sillon en Gironde, alors que Laurent Wauquiez, le patron des Républicains, refuse toute forme d'alliance avec le Rassemblement national. À Paris, un candidat, moins hostile aux contacts, se présente à la tête des Jeunes LR. Et en Gironde, des élus et des militants de plusieurs formations élaborent un projet en ce sens. Leur collectif a déjà organisé une douzaine d'ateliers thématiques.

Des racines communes à droite

Lors d'une récente réunion, ils sont quatre à parler au nom de leur collectif "Pour la France" créé il y a six mois. Leur point commun : ils viennent tous de l'UMP ou des Républicains, comme Edwige Diaz, conseillère régionale, aujourd'hui à la tête du Rassemblement national en Gironde. "Comme beaucoup de Français, j'ai été déçue par Sarkozy, explique-t-elle. J'ai voté pour lui, notamment pour l'idée de Karcher et le 'travailler plus pour gagner plus'. Finalement, c'était plein de désillusions." 

En 2012, j'ai lu tous les programmes des candidats. Celui de Marine Le Pen a été pour moi une évidence, une révélation.Edwige Diaz, Rassemblement national à franceinfo

Jean-Jacques Tachoire, qui a adhéré au RPR, il y a 31 ans, est toujours aux Républicains. Pour lui, il y a urgence à faire sauter les digues. "Malheureusement, ça traîne trop, regrette-t-il. Et on voit un certain nombre de militants LR quitter la maison comme l'a fait Edwige Diaz. Il faut que ça se fasse très rapidement, côté LR."

Mais si le Rassemblement national de Marine Le Pen soutient l'initiative, la direction du camp LR martèle qu'aucune alliance n'est possible. Selon Martine Hostier, adjointe au maire de Cézac, cette position est aberrante, d'autant, affirme l'élue Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, que le quatuor est d'accord sur tout ou presque. Elle donne l'exemple de l'immigration. "Nous avons raté l'intégration. La pandémie est là et nous avons une véritable peste, dit-elle. La population a peur et pour ça, il fait absolument bloquer les frontières ou filtrer." 

Des contacts avec les partis, sauf LR

Au fil des réunions, le collectif a déjà élaboré une charte, sorte de pré-programme politique. En ligne de mire, pourquoi pas les élections municipales de 2020, voire la présidentielle de 2022 ? Jean-Jacques Edard, maire de Cavignac, divers-droite, exclu des Républicains, est plein d'espoir.

Je suis très optimiste pour que l'on puisse, peut-être, être l'étincelle, ceux qui auront allumé la mèche pour un mouvement national de plus grande ampleur.Jean-Jacques Edard, maire de Cavignac, ex-LRà franceinfo

"Pour le moment, on est un laboratoire pour faire émerger, non pas un tsunami, mais un mascaret [une vague] qui puisse remonter, faire quelques éclaboussures en haut-lieu", ajoute le maire de Cavignac. 

Jean-Jacques Edard rêve de voir Laurent Wauquiez et Marine Le Pen sur une même estrade. En attendant, après Robert Ménard, maire de Béziers proche du Rassemblement national, c'est Louis Aliot, député RN et Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France, qui ont été invités par le collectif. Et Edwige Diaz, l'élue du Rassemblement national, fera l'apologie de l'union des droites lors de l'université d'été de son parti, à Fréjus (Var), les 15 et 16 septembre prochains. 

Un "laboratoire" de l'union des droites en Gironde - reportage de Yannick Falt
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