VIDEO. Cinq moments où Alain Juppé a finalement fendu l'armure

Il a souvent été reproché à Alain Juppé d'être "trop froid", presque méprisant. Mais le candidat à la primaire de la droite s'est pourtant plusieurs fois montré émotif.

Alain Juppé, lors du dernier débat de la primaire de la droite, face à François Fillon, le 24 novembre 2016, sur France 2.
Alain Juppé, lors du dernier débat de la primaire de la droite, face à François Fillon, le 24 novembre 2016, sur France 2. (FRANCE 2)

Fendre l'armure. Les journalistes ont souvent attendu d'Alain Juppé, ancien Premier ministre "droit dans ses bottes", qu'il se montre sous un jour plus chaleureux, plus tendre presque, l'armure étant jugée trop froide et rigide. A cette injonction récurrente, l'intéressé répond, sur France Culture, en avril 2016 : "Je ne vais pas vous livrer mes tripes sur la table, ce n'est pas mon style. Les Français d'ailleurs n'en ont rien à foutre de savoir ce que je pense au fond de moi-même". Ils sont rares, en effet, les moments où Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, a brièvement tombé la cuirasse, volontairement ou non, pour laisser une émotion marquer son visage ou sa voix. Franceinfo a tout de même trouvé cinq moments où Alain Juppé a semblé plus émotif qu'on pourrait le croire.

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Des regrets, "j'en ai beaucoup"

Jeudi 24 novembre, Alain Juppé affronte François Fillon dans le dernier débat de la primaire de la droite. Au terme de cette ultime confrontation, restée cordiale, le maire de Bordeaux est invité à exprimer "un regret", dans sa campagne. Sa réponse est alors confuse : "Mon regret ? Oh, j'en ai beaucoup…", commence-t-il, les yeux baissés vers son pupitre, avant de se reprendre, "non, en fait, pas tellement, j'ai vécu cette campagne de façon formidable, ça a été un investissement qui a demandé beaucoup beaucoup d'énergie (...) je vais réfléchir à votre question pour savoir ce qui m'a manqué". Fatigue ou déception ? Ses yeux sont rougis et ses mots hésitants.

Un "attachement viscéral" à ses enfants

Comme d'autres politiques, Alain Juppé a participé à l'émission "Une Ambition intime", présentée par Karine Le Marchand, sur M6, qui faisait la part belle aux confessions et épanchements, s'attirant critiques et moqueries. Comme d'autres participants, mais avec plus de retenue peut-être, Alain Juppé en a profité pour jouer la carte de l'émotion, à plusieurs reprises même, en évoquant la maladie de sa mère et les derniers instants de son père. Dans cet extrait, son fils aîné raconte l'absence de son père, qui consacre la majorité de son temps à la politique. Les yeux mouillés, l'ex-Premier ministre évoque son amour, son "attachement viscéral" à ses enfants et "l'énergie" qu'ils lui donnent. 

"Un peu" ému par un sondage favorable 

Le maire de Bordeaux était l'invité de "Des paroles et des actes", le 2 octobre 2015, sur France 2. A la fin de l'émission, il découvre un sondage selon lequel les spectateurs estiment qu'il a réussi sa prestation : 61% des téléspectateurs pensent alors qu'il ferait "un bon président" et 72% le jugent "sympathique". Des statistiques qui lui tirent presque des larmes. Alain Juppé reconnaît alors être "un peu" ému.

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"On peut craquer quand on a le sentiment que le ciel vous tombe sur la tête"

Ressasser le passé semble le remuer particulièrement. Invité de "13h15 le dimanche", sur France 2, en avril 2015, Alain Juppé évoque d'abord le récent suicide de Jean Germain, ancien maire de Tours, au premier jour du procès des "mariages chinois", dans lequel il était mis en examen : "Oui, on peut craquer lorsqu'on a le sentiment que le ciel vous tombe sur la tête et qu'on a un sentiment d'injustice profonde." Un événement qui lui rappelle son année noire, 2004, lorsqu'il a appris le décès de sa mère, pendant son procès en appel, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris : "Il a fallu que mon avocat fasse preuve de beaucoup de conviction pour que j'aie l'autorisation d'aller à ses obsèques."



"Je dis aux Bordelais que je les aime"

Le 1er décembre 2004, Alain Juppé est condamné en appel à quatorze mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Le lendemain, il annonce sa démission de la mairie de Bordeaux, et c'est peut-être là que ses larmes sont les moins retenues. "Aux Bordelaises et Bordelais, je voudrais simplement dire mon attachement", débute-t-il, avant un long silence. "Ma fidélité", poursuit-il. Sans se prononcer sur son avenir politique, il conclut, la voix tremblante : "Je dis aux Bordelaises et Bordelais, tout simplement, que je les aime."