Qui pourrait être Premier ministre en cas de victoire de François Fillon à la présidentielle ?

Après sa victoire à la primaire, le candidat de la droite se lance dans la course pour 2017. Il a prévu d'annoncer les membres de son gouvernement au cours de la campagne.

François Fillon lors de la photo de famille avec Alain Juppé, à la Haute Autorité de la primaire, le 28 novembre 2016.
François Fillon lors de la photo de famille avec Alain Juppé, à la Haute Autorité de la primaire, le 28 novembre 2016. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Pour François Fillon, c'est l'heure du troisième tour. Vainqueur de la primaire de la droite, l'ancien Premier ministre se doit maintenant de rassembler son camp tout en préparant les suites de sa campagne pour la présidentielle de 2017. Dans cette optique, il va commencer à réfléchir à son équipe gouvernementale. 

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François Fillon s'est engagé, sur son site de campagne, à annoncer la quinzaine de ministres qu'il compte mettre en place en cas d'accession à l'Elysée. Il a même fixé un calendrier en évoquant la période "juste après les primaires", "soit 4 mois avant l'élection présidentielle". Traduisez : Le candidat de la droite se donne jusqu'à janvier pour préciser son gouvernement et le nom de son potentiel Premier ministre. Franceinfo s'interroge sur les possibilités.

Larcher, Retailleau, Chartier : un fidèle à Matignon ?

La première hypothèse consisterait à privilégier la fidélité – un choix qui aurait le mérite de laisser les mains libres à un François Fillon qui semble pencher pour un style de présidence assez directif. Peu d'élus sont restés avec constance aux côtés de François Fillon quand celui-ci était au plus bas dans les sondages et l'ancien Premier ministre pourrait choisir de se montrer reconnaissant. Parmi les fidèles, le président du Sénat Gérard Larcher n'a jamais douté de la victoire de son poulain, selon ses confessions à LCI. Si, selon l'un de ses proches, interrogé par Le JDD, il n'a pas d'autre ambition que "d'être président du Sénat et d'aider Fillon", ce poids lourd du parlement devrait occuper une place stratégique dans le dispositif de campagne du candidat Fillon.

Bruno Retailleau fait également partie de l'aventure Fillon depuis le début, et son nom circule également comme potentiel Premier ministre. D'autant que la nomination de ce fidèle, l'un des élus les plus proches du mouvement Sens commun, donnerait des gages à l'électorat catholique qui s'est massivement mobilisé pour François Fillon. Il "est un homme qui va compter", confirme un filloniste au JDD.

Enfin, l'indéfectible soutien Jérôme Chartier, ami de vingt ans de François Fillon, est une hypothèse crédible pour Matignon. Le porte-parole de la campagne lors de la primaire a été un rouage essentiel de la victoire, se rendant dès 2012 aux Etats-Unis pour observer l'exercice des primaires. "Chartier, Premier ministre !", a par exemple crié un militant à la fin d'un meeting de François Fillon à Paris. Pour toute réponse, le député du Val-d'Oise lui a adressé un grand sourire entendu.

Bertrand, Le Maire, Wauquiez : une récompense pour les ralliés ?

Le vainqueur de la primaire pourrait également choisir de faire monter un des ralliés de l'entre-deux-tours. Dans cette hypothèse, le nom de Xavier Bertrand revient avec insistance. Le président de la région Hauts-de-France a eu la sagesse de ne pas s'engager trop vite derrière un candidat pendant la campagne. Au lieu de cela, il s'est rapproché du futur vainqueur de la primaire avant d'annoncer son vote en faveur de l'ancien Premier ministre. François Fillon avoue au Parisien avoir beaucoup parlé à Xavier Bertrand ces dernières semaines. Il pourrait choisir l'élu du Nord, tombeur de Marine Le Pen aux régionales, pour sa proximité avec les classes populaires, comme le suggère France Inter.

Après avoir juré avant le premier tour qu'il ne se rallierait pas à l'un des candidats pour le second tour, Bruno Le Maire a activement fait campagne pour François Fillon pendant l'entre-deux-tours. Présent lors des deux meetings, parlant à la tribune, s'affichant à côté du vainqueur au soir des résultats, le député de l'Eure n'a pas ménagé sa peine. Avec ses 2,4% au premier tour, le candidat du "renouveau" pourrait rêver d'un destin à la Manuel Valls. L'actuel Premier ministre avait su négocier habilement son faible score à la primaire socialiste de 2011 pour occuper une place de choix dans l'équipe de François Hollande.

François Fillon pourrait enfin choisir de tendre une main aux sarkozystes, encore très présents dans le parti et qui se sont ralliés au candidat Fillon dans l'entre-deux-tours. Laurent Wauquiez est l'un des ténors qui semblent les plus proches de la ligne de François Fillon, tant sur le conservatisme social que sur les valeurs familiales. Même si, selon les informations de Paris Match, le président par intérim de LR pourrait être contraint de lâcher le parti au profit d'un filloniste, il pourrait peut-être se consoler avec la promesse d'un poste dans le futur gouvernement de François Fillon.

Pécresse, NKM : la carte du rassemblement ?

Le troisième tour d'une élection, c'est aussi le souci du rassemblement. En 2011, François Hollande avait pris soin d'intégrer les différentes composantes du Parti socialiste dans son équipe. François Fillon devrait avoir le même souci. Il devra commencer par faire la paix avec les juppéistes et, pour cela, la carte Valérie Pécresse semble possible. La présidente de la région Ile-de-France a longtemps soutenu François Fillon avant de choisir Alain Juppé et d'être pressentie pour récupérer Matignon en cas de victoire de ce dernier.

Et si François Fillon choisissait de faire un geste en direction du centre ? L'hypothèse semble compliquée, tant les centristes semblent aujourd'hui éloignés du programme de François Fillon. Mais l'ancien Premier ministre a besoin de rassembler largement. Il pourrait donc choisir une personnalité ouverte sur le centre comme Nathalie Kosciusko-Morizet, arrivée en 4e position lors de la primaire. L'ancienne ministre, qui a soutenu Alain Juppé pour le second tour, a pris soin de ne pas trop écorcher son ancien Premier ministre lors de la campagne.