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Primaire à droite : Bruno Le Maire, quel parcours politique ?

A 47 ans, Bruno Le Maire est l’un des sept candidats à la primaire de la droite. Quatrième dans les dernières intentions de vote, il se veut le candidat du renouveau. Le député de l’Eure a pourtant une carrière politique de près de vingt ans derrière lui.

Article rédigé par
Valentine Pasquesoone - France 2
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Bruno Le Maire est convaincu qu’il peut “bousculer le jeu” politique. Parviendra-t-il à créer la surprise ? (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Il est celui qui veut créer la surprise lors de la primaire des 20 et 27 novembre à droite. Bruno Le Maire, deuxième candidat le plus jeune après Nathalie Kosciusko-Morizet, arrive aujourd’hui quatrième dans les sondages. Il a tenu la troisième place cet été, devançant l’ancien Premier ministre François Fillon.

Peut-il encore convaincre ? Le député de l’Eure joue la carte du changement, lui qui n’a jamais été Premier ministre ou président de la République. Mais en vingt ans, Bruno Le Maire a déjà connu bon nombre d’échelons politiques. Retour sur les grandes étapes de sa carrière.

Des grandes écoles au Quai d’Orsay

Né en 1969 à Neuilly-sur-Seine, le jeune Bruno Le Maire suit un parcours on ne peut plus classique pour accéder à une carrière politique. Baccalauréat en poche, il intègre le prestigieux lycée Louis-le-Grand à l’âge de 17 ans, en hypokhâgne. Démarre alors un parcours sans faute au sein des grandes écoles françaises. Agrégé de lettres, il sortira diplômé de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, de l’Institut d’études politiques de Paris et, enfin, de l’Ecole nationale d’administration. En 1998, fraîchement diplômé de l’ENA, Bruno Le Maire rencontre celui qui deviendra pendant dix ans son mentor, Dominique de Villepin. Sa carrière politique est lancée. A moins de 30 ans, il intègre le ministère des Affaires étrangères.

Le bras droit de Dominique de Villepin

Bruno Le Maire débute sa carrière politique à la direction des Affaires stratégiques, de Sécurité et du Désarmement du Quai d’Orsay. Il y est conseiller des Affaires étrangères, un poste qu’il occupera pendant quatre ans. Quand Dominique de Villepin est nommé ministre des Affaires étrangères, en 2002, Bruno Le Maire rejoint son cabinet en tant que conseiller. 

Deux ans passent, et le trentenaire continue de suivre les traces de Dominique de Villepin. Quand ce dernier est nommé ministre de l’Intérieur en 2004, Bruno Le Maire le rejoint en tant que conseiller politique. Un an plus tard, Dominique de Villepin est nommé Premier ministre. Bruno Le Maire le suit à Matignon. Il deviendra son directeur de cabinet en juillet 2006, jusqu’à l’élection présidentielle de mai 2007.

Elu local, mandat national

L’année 2007 marque un tournant de taille dans le parcours politique de Bruno Le Maire. Le directeur de cabinet vient de refuser un poste d’ambassadeur à Rome. A-t-il d’autres ambitions ? En mars 2007, le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est nommé à la tête du Conseil constitutionnel. Il doit céder son poste de député UMP de la première circonscription de l’Eure, en Normandie. Bruno Le Maire, récent adhérent du parti, tente sa chance. Il obtient 37,5% des voix au premier tour des élections législatives de juin 2007. Le candidat est élu au deuxième tour avec 58,3% des voix.

Un an après cette première élection, Bruno Le Maire grimpe un nouvel échelon sur la scène politique nationale. Le 12 décembre 2008, le député est nommé secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes. Un passage presque éclair : six mois plus tard, Bruno Le Maire devient ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Il portera notamment la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP), dont l’un des objectifs est de stabiliser le revenu des agriculteurs.

En 2009, beaucoup de productions, tant industrielles qu'agricoles, sont affectées par de fortes chutes des cours. Lors de la crise du lait, le ministre se veut rassurant. Il promet de rassembler les partenaires européens pour "une nouvelle régulation européenne du secteur laitier", et demande des accords entre industriels et producteurs sur le niveau des prix. Certains parleront de simples déclarations d’intention. D’autres critiqueront son manque d’action concernant la suppression des quotas laitiers, décidée en 2008 par Bruxelles.

Ambitions présidentielles

Nouvelle élection, nouvelle étape. En 2011, Bruno Le Maire est nommé délégué général au projet de l’UMP pour 2012. Son rôle : préparer et rédiger le programme du parti, en vue de l’élection présidentielle. François Hollande l’emporte face à Nicolas Sarkozy, et l’UMP connaît sans surprise une défaite aux élections législatives. Bruno Le Maire est cependant réélu député dans sa circonscription de l’Eure. Après son mandat de ministre, place, désormais, aux ambitions pour la direction de l’UMP.

L’homme politique déclare rapidement sa candidature pour la présidence du parti. Il n’obtient pas les parrainages nécessaires pour participer à l’élection, prévue en novembre. Bruno Le Maire se relance dans la course en 2014, après la démission du président de l’UMP, Jean-François Copé, du fait de l’affaire Bygmalion. Il crée la surprise lors du scrutin du 29 novembre. Nicolas Sarkozy est élu à la tête de l’UMP, mais Bruno Le Maire arrive deuxième, avec près de 30% des voix.

La suite est logique. Fort de ce bon score, l’homme politique prépare l’étape d’après : la primaire de la droite, en vue de l’élection présidentielle de 2017. Bruno Le Maire annonce sa candidature le 23 février 2016 à Vesoul, en Haute-Saône. Il est convaincu qu’il peut “bousculer le jeu”. Parviendra-t-il à créer la surprise une nouvelle fois ? Réponse le mois prochain.

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