Fillon et l'avortement : la militante féministe Caroline de Haas se dit "inquiète"

Les déclarations de François Fillon sur l'avortement provoquent des remous. L'ancienne porte-parole d'Osez le féminisme, Caroline de Haas, a réagi mardi sur franceinfo.

Caroline de Haas, présidente d\'Osez le féminisme. 
Caroline de Haas, présidente d'Osez le féminisme.  (XAVIER LEOTY / AFP)

Invitée de franceinfo mardi 22 novembre, l'ancienne porte-parole d'Osez le féminisme, Caroline de Haas, s'est dite "inquiète" après les déclarations de François Fillon sur l'avortement : "Quand il y a un potentiel président de la République qui explique publiquement que l'IVG n'est pas un droit fondamental, cela veut dire qu'il considère que les femmes n'ont pas le droit fondamental de disposer de leur corps", a-t-elle estimé.

Les fondamentaux de la droite ne sont "pas ceux de demain"

"Au-delà de la question du droit à l'avortement, cela dit quelque chose de la façon dont François Fillon considère les femmes et leur place dans la société, a ajouté Caroline de Haas. Et c'est cela qui m'inquiète : dans cette primaire de la droite, ce que j'ai ressenti fortement, c'est un vote réactionnaire, un vote d'identité sur ce qu'on peut appeler les fondamentaux de la droite. Et d'un point de vue sociétal, les fondamentaux de la droite sont les fondamentaux du XIXe ou du XXe siècle, pas ceux de demain."

La polémique enfle autour de déclarations de François Fillon, lors de la campagne. Le 22 juin, à Aubergenville (Yvelines) lors d'une réunion publique, il a déclaré : "J'ai écrit (dans mon livre) que l'avortement était un droit fondamental. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement."

Alain Juppé a invité François Fillon à "clarifier" sa position sur l'avortement. "Jamais je n'aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas", a réagi François Fillon, en tête du premier tour de la primaire de la droite dimanche. "Est-ce qu'une seule fois j'ai pris une position contraire à l'avortement ? Jamais, voilà !", a-t-il répliqué.