Fillon comparé à la Dame de fer : "Margaret Thatcher, c'est le retour de la crédibilité en politique"

L'intellectuel libéral, Mathieu Laine, revient sur la comparaison entre François Fillon et Margaret Thatcher, mardi sur franceinfo. 

François Fillon lors d\'un meeting à Chassieu (Rhône), mardi 22 novembre.
François Fillon lors d'un meeting à Chassieu (Rhône), mardi 22 novembre. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Le journal Libération a publié en "une", mardi 22 novembre, un photo-montage de François Fillon croisé avec Margaret Thatcher, l'ancienne Première ministre britannique. Pour l'intellectuel libéral Mathieu Laine, président du cabinet de conseil Altermind et auteur du Dictionnaire amoureux de la liberté (Plon), cette caricature est loin d'être insultante ! "Margaret Thatcher, c'est le retour de la crédibilité en politique", assure-t-il mardi sur franceinfo.

franceinfo : Quand vous voyez François Fillon grimé en Margaret Thatcher en "une" de Libération, qu'est-ce que cela vous inspire ?

Mathieu Laine : "On sent qu'il y a une volonté de nuire de la part de Libération. C'est un peu comme Renaud à l'époque, qui avait caricaturé Margaret Thatcher dans une chanson célèbre [Miss Maggie, NDLR]. Pour beaucoup de Français, plutôt de gauche et bien-pensants, Margaret Thatcher, c'est l'horreur ! Alors qu'en réalité, c'est elle qui est caricaturée. Margaret Thatcher est arrivée aux manettes d'un pays qui était le plus pauvre d'Europe et qui, quand elle est partie, était l'un des plus riches !"

Avec des méthodes parfois contestables…

"Là encore, je ne crois pas. Margaret Thatcher, c'est le retour de la crédibilité en politique. Elle avait des convictions assumées. Elle les a proposées dans le cadre d'une élection. Elle a été élue pour les appliquer. Et ensuite, vous aviez beau avoir des grèves, des attentats, des gens qui n'étaient pas d'accord, Margaret Thatcher répondait : 'J'ai été élue pour le faire, alors je le ferai.'"

François Fillon et Alain Juppé se définissent comme des "libéraux". Leurs programmes sont-ils vraiment différents ?

"Ils le sont dans l'ambition. François Fillon veut aller beaucoup plus loin que son adversaire et c'est sans doute cela qui a été plébiscité par les électeurs dimanche dernier. Un exemple : la réforme du temps de travail. Alain Juppé propose de passer de 35 heures à 39 heures. François Fillon, lui, va plus loin : en fonction des métiers que nous avons, des entreprises, il faut selon lui revenir à la pleine liberté du travail. Chacun pourra adapter, en fonction de ses activités, son temps de travail, tout en restant évidemment dans la limite européenne qui est de 48 heures."