Laurent Wauquiez a "voulu plastronner" devant ses étudiants et "faire son kéké"

Le spécialiste de la communication politique, Arnaud Mercier, a dit mardi sur franceinfo ne pas croire à la "thèse" de la mise en scène après la diffusion de nouveaux enregistrements de Laurent Wauquiez par l'émission "Quotidien" sur TMC.

Le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, à Toulon, le 6 décembre 2017.
Le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, à Toulon, le 6 décembre 2017. (AFP)

Le président du parti Les Républicains a juste voulu "plastronner" auprès de ses étudiants et faire le "kéké", a analysé, mardi 20 février sur franceinfo, le spécialiste de la communication politique Arnaud Mercier. L'émission "Quotidien" sur TMC a diffusé lundi de nouveaux enregistrements de Laurent Wauquiez à l'occasion d'un cours à des étudiants à Lyon. Cette fois, le patron du parti LR s'en prend aux députés de La République en Marche, les traitants de "guignols" et évoque même une "dictature totale" en France. Laurent Wauquiez égratigne également des membres de son parti politique. Au sujet de Valérie Pécresse, il dit : "Le nombre de conneries qu'elle peut faire !" Concernant Alain Juppé, il balance : "Il a totalement cramé la caisse. (...) À Bordeaux, il a fait exploser les impôts." Arnaud Mercier, professeur à l'institut de presse de Paris2 Panthéon-Assas, ne croit pas à la "thèse" de la mise en scène même si certains se demandent si Laurent Wauquiez avait connaissance de l'enregistrement de ses propos.

franceinfo : Pensez-vous que Laurent Wauquiez savait qu'il était enregistré ?

Arnaud Mercier : Je ne crois pas à cette thèse vu les dégâts que cela a fait pour lui. Vu aussi comment cela renforce une image, qui est déjà extrêmement négative dans l'opinion et même dans son propre camp, de quelqu'un d'un peu trop rude, qui parle cru, qui n'a pas l'air d'avoir l'étoffe d'un chef d'État. Je pense vraiment que ce n'est pas possible. Cela paraît schizophrène de dire d'un côté, il faut se méfier et de l'autre d'avoir cru en la possibilité d'avoir fait un pacte de confiance avec l'ensemble de ses étudiants sur le mode : 'Je vous dis des choses mais surtout ne le répétez pas.'

Les charges contre les députés En marche qu'il traite de "guignols" et l'expression de "dictature" pour évoquer le France sont-elles des dérapages ?

Je suis moi-même enseignant. Si on peut s'autoriser quelques libertés d'expressions parfois, là on commence à se demander à quoi ressemblait ce cours car visiblement, cela n'a pas été deux phrases sorties de leur contexte. Il a passé un certain temps à raconter tout un tas de choses. Il a voulu plastronner auprès de ses étudiants, faire son kéké. Il dit des choses à l'emporte-pièce, avec des phrases et des mots qui sont indéfendables sur le fond et sur la forme publiquement.

Pensez-vous que l'union de la droite sera possible après ses propos sur Valérie Pécresse et Alain Juppé ?

Pendant la campagne interne, il n'a pas ménagé son propre camp. Son calcul politique était de dire qu'il fallait prendre le parti par la droite comme l'avait fait Nicolas Sarkozy, comme avait voulu le faire Jean-François Copé en son temps. C'est-à-dire des positions assez rudes et assez dures vis-à-vis notamment de ceux qui, en l'occurrence, sont soupçonnés plus ou moins d'accointances avec Emmanuel Macron et sa politique. Ce n'est pas si étonnant, mais c'est la manière dont il le fait. Cela continue de l'affaiblir. Cela ne fait que renforcer une image qui est déjà extrêmement négative. Il part de très très bas. Il n'est pas aimé des Français. Les sondages le montrent. Les gens s'en méfient. Il n'inspire pas confiance. Le seul moyen qu'il a de capitaliser sur cette boulette, c'est de crier au grand complot, de crier à la persécution, de dénoncer les journalistes gauchistes.