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Les propos polémiques de Roland Dumas en six actes

Après avoir déclaré que le Premier ministre était "probablement sous influence" juive, l'ancien ministre de François Mitterrand est sous le feu des critiques de la classe politique.

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Manuel Valls, le 13 février 2015 à Honfleur (Calvados). (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Un tombereau de condamnations est tombé, lundi 16 février, sur Roland Dumas. Le matin même, sur BFMTV, l'ancien ministre de François Mitterrand avait affirmé que Manuel Valls était "probablement" sous influence juive, évoquant ses "alliances personnelles" et, sans la nommer, l'épouse du Premier ministre, Anne Gravoin. Retour sur une polémique qui n'épargne pas Jean-Jacques Bourdin.

Acte 1 : Bourdin relance, Dumas se lâche

"Vous savez, Manuel Valls est marié à quelqu'un qui a de l'influence sur lui", lance Roland Dumas à Jean-Jacques Bourdin, lundi 16 février, sur BFMTV. Un peu plus tard, le présentateur relance son invité : "Il est sous influence juive ?" "Probablement, je peux le penser", lui répond l'ancien ministre socialiste. Avant d'ajouter que le Premier ministre est "sous influence de sa femme, pourquoi ne pas le dire. C'est pour ça que le titre de mon livre est Incorrect."

Acte 2 : tollé à gauche comme à droite

Très vite, de nombreuses voix se relaient pour dénoncer la sortie de Roland Dumas. La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, dénonce sur Twitter des propos "atterrants".

Ce sont des "propos inacceptables" qui "dépassent l'entendement en mettant en cause le Premier ministre avec un vocabulaire d'extrême droite", a renchéri le PS dans un communiqué. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, s'est dit "révulsé", tandis que Claude Bartolone, le président de l'Assemblée, s'est déclaré "révolté" par ces propos.

Cette sortie hostile à Manuel Valls a été tout aussi commentée dans les rangs de l'opposition, avec l'ancien ministre des Transports Dominique Bussereau ou le député UMP Eric Ciotti.

Acte 3 : le CSA instruit un dossier

Mais la polémique n'éparne pas Jean-Jacques Bourdin. Ainsi, le conseiller national UMP David-Xavier Weiss écrit au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), car il reproche au présentateur d'avoir poussé Roland Dumas à tenir des propos antisémites. Le CSA annonce l'instruction d'un dossier sur Twitter.

Acte 4 : Valls dénonce les propos de Dumas

"Je ne répondrai jamais d'un point de vue personnel car je serais sali", déclare Manuel Valls à la presse. Face à des élus au conseil régional d'Ile-de-France, il dénonce toutefois des propos "qui ne font pas honneur à la République". Puis il ajoute "qu'aucun mot, aucun acte" à caractère antisémite "ne peut être accepté par un responsable politique, associatif (...). L'antisémitisme n'est pas une opinion, ce n'est pas une petite plaisanterie."

Acte 5 : Dumas satisfait d'avoir "mis le feu au lac"

"L'expression était dans la question : 'Est-ce que Manuel Valls subit l'influence de l'Etat israélien ?'" reprend Roland Dumas sur France 24, en modifiant les termes initiaux de ladite question. "Vous voyez l'antisémitisme partout. Vous croyez que je suis le seul à penser et dire ce que je dis ?" Un peu plus tard, il lâche dans un sourire : "Comme disent les Suisses, j'ai mis le feu au lac. Je ne m'excuse pas."

Acte 6 : Bourdin défend sa "liberté intouchable"

"Est-ce qu'on veut aussi me dicter mes questions ?" lance Jean-Jacques Bourdin, interrogé par Ozap.com. "Est-ce qu'on veut choisir quelles sont les questions que je dois poser ou que je ne dois pas poser ? Jamais ! Ma liberté est intouchable !" Le journaliste estime que sa question n'avait rien de maladroit. "Une question peut être antisémite mais celle-ci ne l'était pas. Il s'agissait de savoir si mon interlocuteur pensait ce qu'il dit ou pas."

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