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Les brasseurs vent debout contre la nouvelle taxe sur la bière

Seule concession accordée par le gouvernement, un amendement va exclure de cette nouvelle taxe les petits brasseurs - en contrepartie, les boissons énergisantes devraient être taxées. Mais les entrepreneurs du secteur continuent à se battre pour que la mesure soit purement et simplement abandonnée.
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Radio France
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Ce n'est qu'une ligne dans le projet de budget de la Sécurité sociale, mais elle continue à pas mal brasser dans le landerneau : pour réduire le déficit de la Sécu, le gouvernement a prévu, entre autres mesures, d'instaurer une nouvelle taxe sur la bière. De l'ordre de cinq centimes sur un demi, disait-il, elle devrait rapporter quelque 480 millions d'euros. Il s'agit en fait d'un doublement des taxes.

Depuis, les brasseurs ne décolèrent pas. Cinq centimes de taxes sur un demi, ça représente une hausse des prix de l'ordre de 20%, qui sera répercutée en rayons - alors que la consommation de bière a baissé de 30% en 30 ans. 

Les Brasseurs de France ont ainsi lancé une campagne de lobbying sur Internet. A l'image du mouvement des "pigeons", qui s'oppose à la taxation des revenus du capital, les brasseurs ont monté une page Facebook "pour que la prochaine gorgée de bière ne soit pas la dernière". 

L'Association nationale des industries alimentaires, l'Ania, fait savoir à qui veut l'entendre que cette taxe menace la survie d'un tissu de 450 PME en France, qui a déjà fort à faire avec la concurrence, belge notamment.

Les petites brasseries préservées ?

Cette opération de lobbying a porté (en partie) ses fruits : le rapporteur du budget à l'Assemblée national a fait savoir mardi soir que "les petits brasseurs, les petites producteurs de bières qui ne sont pas très alcoolisées" pourraient être exclus du dispositif : Gérard Bapt a déposé un amendement en ce sens. 
En contrepartie, ce sont les boissons énergisantes, celles qui contiennent au moins 0,3 gramme de taurine et 0,22 gramme de caféine par litre, qui vont être taxées. L'amendement a été adopté en commission des Affaires sociales.

L'affaire n'en restera sans doute pas là : "l'Union européenne risque de retoquer la mesure" , estime Pascal Chèvremont, le délégué général des Brasseurs de France. Car les petites brasseries seraient deux fois moins taxées que les grandes, ce qui va à l'encontre du droit communautaire.

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