Législatives : Hollande veut une majorité "large, solide et loyale"

Le président élu a voulu rassembler une dernière fois ses troupes avant son investiture, mardi 15 mai, lors d'un discours au Conseil national du PS.

Le président élu, François Hollande, donne un discours à l\'occasion du Conseil national du Parti socialiste à Paris, le 14 mai 2012.
Le président élu, François Hollande, donne un discours à l'occasion du Conseil national du Parti socialiste à Paris, le 14 mai 2012. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Donner une majorité au changement." A la veille de son investiture, François Hollande veut mobiliser autour de ce slogan son parti pour les législatives. Dans un discours prononcé à la Mutualité, à Paris, à l'occasion du conseil national du PS, le président élu a appelé les Français, lundi 14 mai, à lui donner une majorité "large, solide et loyale" les 10 et 17 juin. "C'est un vote de cohérence qui doit être fait (...) pour soutenir le gouvernement mais pas seulement : pour prendre des initiatives et réhausser le rôle du Parlement avec des institutions qui seront rénovées".

"Vous connaissez l'enjeu, il est simple : la constitution d'une majorité présidentielle pour permettre le changement que les Français ont voulu le 6 mai", renchérit un peu plus loin François Hollande. Et le nouveau chef de l'Etat d'exprimer sa "gratitude" et sa "reconnaissance" aux militants du PS pour la campagne "très belle que nous avons vécue les uns et les autres, et que le peuple français nous a permis de conclure de manière admirable".

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Mais à quelques heures de la passation de pouvoirs, prévue mardi matin à l'Elysée, point d'effusion de joie dans les rangs socialistes. Car "maintenant, les emmerdes vont commencer !", résume un salarié du PS. Dans un langage plus convenu, Ségolène Royal, candidate à la présidence de l'Assemblée nationale en cas de victoire de la gauche aux législatives, ne dit pas autre chose : "Nous avons parfaitement conscience de la charge qui nous incombe, des difficultés qui nous attendent, et de l'attente des Français à notre égard".

"Ne soyez pas à ce point... arrêtés ! Vous l'avez voulu !"

Une nervosité - "un mélange de fébrilité et d'apréhension", corrige un élu breton - qui n'a pas échappé à François Hollande. "C'est une lourde responsabilité qui m'a été confiée, dans un contexte d'une exceptionnelle gravité. (...) Mais ne soyez pas à ce point... arrêtés ! Vous l'avez voulu ! Vous l'avez décidé !", sourit-il, comme soucieux de détendre des élus et responsables socialistes craintifs de ce qui les attend. 

"Le plus dur commence, nous dit-on", mais "si ce qui nous attend n'était pas dur, nous n'aurions pas gagné l'élection présidentielle ! C'est parce que c'est difficile que les Français se sont tournés vers nous", insiste-t-il sous les applaudissements. Plus loin, dans la liesse générale, il conclut : "Vous me manquerez sûrement, mais moi je ne dois en aucun cas manquer à la France". François Hollande quitte alors les siens pour cinq ans. "Cinq ans... au moins", précise-t-il.