Législatives : bataille entre ténors médiatiques de gauche dans le 93

La nouvelle 6e circonscription de Seine-Saint-Denis est le théâtre d’un affrontement entre ténors médiatiques de gauche. Elisabeth Guigou (PS) y est opposée à Patrick Le Hyaric (FG), patron de l'Humanité et Nathalie Arthaud (LO).

Elisabeth Guigou : \"au deuxième tour, il y aura un désistement républicain\".
Elisabeth Guigou : "au deuxième tour, il y aura un désistement républicain". (FAROUK BATICHE / AFP)

La nouvelle 6e circonscription de Seine-Saint-Denis est le théâtre d'un affrontement entre ténors médiatiques de gauche. Elisabeth Guigou (PS) y est opposée à Patrick Le Hyaric (FG), patron de l'Humanité et Nathalie Arthaud (LO).

Les électeurs de la nouvelle –redécoupage électoral oblige- 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, celle de Pantin-Aubervilliers, sont servis. A gauche, ils ont le choix entre plusieurs figures médiatiques. Face à l'ancienne ministre PS et députée sortante Elisabeth Guigou, figurent deux autres figures cathodiques : Patrick Le Hyaric député européen Front de gauche et patron de l'Humanité et Nathalie Arthaud, ex candidate LO à la présidentielle.

Dans cette circonscription qui regroupe les deux villes populaires de Pantin et Aubervilliers, de l'autre côté du périphérique au nord de Paris, François Hollande a obtenu 72,11% des suffrages au second tour. Autant dire que la circonscription ne devrait pas échapper à la gauche.

Vers un duel PS/Front de gauche

Ce que confirmait le candidat du Front de gauche. "Cela se joue entre Mme Guigou et moi", assure d'emblée Patrick Le Hyaric. "Dans cette circonscription, le Front de gauche plus le PS cela fait 65% des voix. Il n'y a aucun risque de voir passer la droite", selon lui.

Au premier tour de l'élection présidentielle, de nombreux bureaux de vote des deux villes ont placé Jean-Luc Mélenchon à la deuxième place devant Nicolas Sarkozy. A la veille des législatives, les regards se tournent naturellement vers le duel PS/Front de gauche.

Au PS, même s'il annonce "qu'une élection n'est jamais gagnée d'avance", Bertrand Kern, maire de Pantin et suppléant d'Elisabeth Guigou, souligne que "Pantin et Aubervilliers ont toutes deux un maire socialiste" et que "François Hollande y a fait de très bons scores à la présidentielle". "Cela se présente bien", dit-il.

Guigou : "au deuxième tour, il y aura un désistement républicain"

Elisabeth Guigou, députée sortante de l'ancienne 9e circonscription de Seine-Saint-Denis, a même reçu le soutien de deux ministres, George Pau-Langevin ministre déléguée à la Réussite éducative, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement.

"Il faut mobiliser. Avec l'élection de François Hollande, les deux-tiers du chemin sont faits, il faut maintenant apporter une large majorité à l'Assemblée", martèle l'ancienne ministre de Lionel Jospin. "Chacun fait sa participation, au deuxième tour, il y aura un désistement républicain en faveur du mieux placé", dit-elle.

Même vision au Front de Gauche. "Si Mme Guigou est en tête au 1er tour j'appellerai à voter pour elle, si c'est moi, Mme Guigou appellera à voter pour moi", assure M. Le Hyaric.

Nathalie Arthaud : "Je ne pense pas être élue"

En attendant, le directeur du journal l'Humanité fait campagne pour "mettre le curseur du côté gauche". Il est persuadé que "pour l'Assemblée nationale de demain, il y aura une majorité de gauche mais la question est de savoir où on met le curseur à gauche et cela se joue au premier tour".

A l'extrême gauche, Lutte Ouvrière (LO) présente sa candidate à la présidentielle Nathalie Arthaud. "Je ne pense pas être élue", reconnaît honnêtement la candidate. Toutefois, elle "espère que le vote utile sera moins présent". "Il faut que les gens votent pour exprimer leurs idées, leurs exigences", explique celle qui voit en ces élections législatives, une occasion supplémentaire "d'affirmer (ses) idées, (ses) projets de lutte".

L'enseignante à Aubervilliers veut "faire une campagne de premier tour" avant d'envisager quelle sera sa position pour le second tour. "Je ne peux pas accepter que l'on fasse comme à la présidentielle, c'est-à-dire que l'on juge que le premier tour est déjà joué", assène Nathalie Arthaud.