Le travail de l’ombre du gouvernement contre la radicalisation

Pendant que la police multiplie les arrestations, certains ministres préparent des lois. En jeu, la lutte contre la radicalisation après les attentats du 13 novembre.

(Laurence Rossignol à l'Assemblée nationale le 10 novembre 2015. © Maxppp)

"C’est frustrant en ce moment de ne pas être ministre de la Guerre, intérieure ou extérieure. " Laurence Rossignol résume le sentiment général des ministres qui ne sont pas dans le trio de tête : Intérieur, Affaires étrangères et Défense. Mais ça n’empêche pas la secrétaire d’Etat chargée de la famille de cogiter avec ses collègues pour trouver des solutions.

"Nous en discutons entre nous lors des réunions à Matignon autour de Manuel Valls - explique la secrétaire d’Etat - mais aujourd’hui c’est le temps de de l’état d’urgence, pas de la société. " Autrement dit les Français veulent que le gouvernement assure leur protection et rien d’autre, pour l’instant en tout cas. Ce qui n’empêche pas les idées.

Laurence Rossignol pense qu’il faut prévenir le mal au début et imposer la scolarité dès trois ans pour tous les enfants. Aujourd’hui, une petite minorité attend l’âge obligatoire de six ans avant de fréquenter l’école. Et puis, la socialiste voudrait également qu’une loi encadre les écoles coraniques d’obédience salafiste pour "savoir ce qu’on tolère ou pas dans les écoles qui ne sont pas sous contrat ".

Un nouvelle association créée

Pour ceux qui sont déjà tombés sous la coupe de recruteurs, il y a un nouveau collectif des familles victimes de la radicalisation soutenu par le ministère. A la fin de la semaine, une nouvelle association va voir le jour et les équipes de Laurence Rossignol leur apportent un soutien logistique, notamment pour recruter des têtes de réseau parmi les professionnels de l’enfance, pédopsychiatres ou avocats.

Soutien financier aussi en demandant à la SNCF de donner des billets de train gratuits aux familles. Lundi, une conseillère du ministère de la Famille a aidé les membres de l’association à trouver un local sécurisé, en lien avec le ministère de l’intérieur. Car ce type d’association, c’est "la cible idéale pour les terroristes ", s’inquiète Laurence Rossignol qui souligne que sans ces familles, elle n’aurait pas les ressources humaines nécessaires pour faire tout ce travail.