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Lâché par le PS, le député René Dosière maintient sa candidature dans l'Aisne

Bis repetita pour le spécialiste des comptes de l'Elysée ? Le député apparenté socialiste devra à nouveau se présenter en dissident dans l'Aisne, après avoir été lâché par le PS vendredi.

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France Télévisions
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René Dosière le 3 décembre 2009 à Paris, à l'occasion d'un point presse sur le train de vie du gouvernement. (MARLENE AWAAD / MAXPPP)

C'est l'un des députés PS les plus connus. Du moins le croit-on, quand on évoque ce spécialiste de la moralisation de la vie politique. Dans les faits, René Dosière n'est pas membre du Parti socialiste, mais simplement "apparenté socialiste". Et cela risque de durer. Vendredi 18 mai, le parti à la rose a refusé d'investir le député sortant de la 1re circonscription de l'Aisne, lui préférant son adversaire local, Fawaz Karimet. "Peut-être que je dérange trop", suggère René Dosière à FTVi, tout en reconnaissant sa "surprise".

Comme en 2007

Pendant une semaine, René Dosière a cru à son investiture, comme il le raconte sur son blog. Elle lui avait été indiquée "confidentiellement" le 9 mai par le secrétaire national du PS chargé des élections, Christophe Borgel, puis le lendemain par le secrétaire fédéral de l'Aisne aux élections. Mercredi 16 mai, jour des dernières investitures au PS, rebondissement : "Le premier secrétaire fédéral m'informe que le secrétariat national a investi Fawaz Karimet", relate René Dosière.

Le scénario des précédentes législatives se répète donc pour l'élu. En 2007, battu d'une voix lors de l'investiture locale avec les militants, René Dosière avait maintenu sa candidature face à Fawaz Karimet, avant d'être facilement réélu député. Sa dissidence lui a toutefois valu d'être exclu du PS.

En froid avec la section locale

Contacté par FTVi, René Dosière n'est pas tendre avec les responsables socialistes de l'Aisne. Il en accuse certains d'avoir truqué le vote interne de 2007, avec des électeurs sans droit de vote et des "pressions à la promotion" sur des employés du conseil général. Il vise le premier secrétaire fédéral et le directeur de cabinet du président du conseil général, qu'il qualifie de "cyniques". Et lâche en souriant que Fawaz Karimet "n'attend qu'une chose : que je meure pour prendre ma place". Voilà selon lui pourquoi il a refusé de prendre son concurrent comme suppléant, le compromis que lui proposait le PS.

Lâché par le PS national

S'il ne s'inquiète pas pour sa réélection, René Dosière s'étonne que les instances nationales du PS n'aient pas insisté pour qu'il soit investi. "Christophe Borgel m'a dit qu'il n'avait pas réussi à s'opposer à la volonté du PS local, relate-t-il, mais manifestement il n'a pas voulu. Peut-être que je dérange trop, peut-être que le PS n'est pas si chaud pour une transparence complète."  

Depuis vendredi, René Dosière a reçu le soutien de parlementaires socialistes. Le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas parle sur son blog d'"un mauvais geste (...) proprement incompréhensible" et estime que "bien peu de députés furent aussi utiles que lui", avec une "infatigable présence jusqu'aux petites heures du matin". Le sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce parle lui sur Twitter d'une "erreur à corriger d'urgence"

Evoquant une "situation compliquée au niveau local", Christophe Borgel affirme au Figaro que René Dosière "avait indiqué [en 2007] qu'il se présentait pour son dernier mandat" et qu'il "n'avait jamais exprimé le souhait de revenir au PS". Le député sortant ayant refusé la suppléance de Fawaz Karimet, il retrouve donc le costume de dissident qui lui avait réussi en 2007.

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