Le président de la SNCF au Sénat : "Les trains sont conformes"

Guillaume Pépy a été auditionné mercredi matin au Sénat sur le projet de loi portant sur la réforme ferroviaire. Le texte s’est fait voler la vedette par l’affaire des "trains trop larges". Le président de la SNCF s’est défendu de toute erreur, en regrettant un emballement médiatique et politique.

(Le président de la SNCF auditionné au Sénat © Maxppp)

Au programme de la commission du développement durable, des infrastructures , de l'équipement et de l'aménagement du territoire, figurait ce mercredi matin au Sénat, une réunion à 9h30 pour auditionner le président de la SNCF sur le projet de loi portant sur la réforme ferroviaire. Un sujet d’actualité, puisque le texte arrive à l’Assemblée nationale à partir du 17 juin et il est à présent visé par un préavis de grève de deux syndicats à partir du 10 juin.

Le projet a été dépassé par l’affaire des rames trop larges et le train de réactions qui a suivi les révélations du Canard Enchaîné. L’hebdomadaire avait révélé le 21 mai que la SNCF avait commandé 2.000 rames plus larges que les rames actuelles, avec un souci pour 1.3000 quais anciens, trop étroits pour les accueillir. 

"Les trains sont conformes"

Lors de l'audition, le sénateur UMP de Côte-d’Or, Alain Houpert, en s'adressant au patron de la SNCF :

"Bon il y a eu ce fameux bug, c’est une illustration du bordel permanent, quoi… ! "

Visiblement agacé, Guillaume Pépy, a donné sa version, une commande sans erreur : 

"Je veux dire devant le Sénat que non, les trains ne sont pas trop larges. Ils ont été homologués par l’Etat., par l’Etablissement public de sécurité ferroviaire, le 23 février. On pense que les gens de l’EPSF n’ont pas de décimètre ? Ils ne savent pas calculer un gabarit ? Donc, oui, les trains sont conformes au gabarit."

Le trains, les quais et l'âge des gares

Le président de la SNCF a rappelé le contexte des quais des 3.000 gares françaises, des quais datant de diverses époques.

"Certains quais ont 150 ans. Ils ont tous les formats.  Et par conséquent, quand on introduit un nouveau train, un quai qui a 150 ans, il y a peut être une chance que pendant cette période, il ait bougé de quelques centimètres."

Et le patron de la SNCF a dénoncé ce qu’il appelle "un emballement médiatique et politique ".

"Le mal est fait, nous sommes la risée de la presse internationale qui pense que les Français ne savent pas faire des trains et ne savent pas prendre des mesures."  

Selon Guillaume Pépy, il faudra des mois pour convaincre du contraire. Le président de la SNCF était attendu en milieu d’après-midi à l’Assemblée nationale et à nouveau, pour une explication de texte.