Le NPA veut exister sans Besancenot

Comment survivre à Olivier Besancenot ? A moins d'un an de la présidentielle, la question agite les rangs du NPA. Le retrait du facteur le plus connu de France a mis le parti dans l’embarras. Et ravivé les divisions internes.

Olivier Besancenot, ancien porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste
Olivier Besancenot, ancien porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Comment survivre à Olivier Besancenot ? A moins d'un an de la présidentielle, la question agite les rangs du NPA. Le retrait du facteur le plus connu de France a mis le parti dans l'embarras. Et ravivé les divisions internes.

Ces derniers temps, c'est la soupe à la grimace au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Olivier Besancenot ne sera pas candidat une troisième fois, le projet d'un grand parti de la gauche radicale a fait long feu et la question de l'alliance avec le Front de Gauche n'en finit plus de diviser. L'après-facteur s'annonce compliqué.

Car Olivier Besancenot, avec son charisme et sa notoriété, faisait l'unanimité au NPA. C'est lui l'artisan principal de la fondation d'un nouveau parti pour succéder à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), trop marquée à l'extrême gauche. Fort de ses bons scores électoraux, le postier voulait rassembler toute la gauche radicale sous la bannière de l'"anticapitalisme", comme un pied de nez aux communistes et à leur candidature "antilibérale" en 2007. Deux ans après, l'expérience sonne comme un échec. La désertion de plus de 5 000 adhérents depuis 2009 a marqué les esprits et la défection de Besancenot est venue rajouter encore plus d'incertitude quant à l'avenir du NPA.

Forcés de désigner un successeur à Olivier Besancenot, les délégués du parti ont opté, à 53%, pour Philippe Poutou, ouvrier CGT à l'usine Ford de Blanquefort (Gironde). Des débats longs, parfois tendus, tant l'ambiance qui règne au NPA confine à la division. Le vote des adhérents aux congrès locaux en juin dernier n'a pas permis de dégager une majorité claire. Comme un reflet de cette division, la motion identitaire qui a recueilli près de la moitié des votes était soutenue par la porte-parole du NPA, Christine Poupin. En face, l'autre motion, qui plaide notamment pour la poursuite des discussions avec le Front de Gauche était soutenue… par l'autre porte-parole, Myriam Martin.

Deux porte-parole et deux lignes qui s'opposent, encore, sur le thème épineux de l'alliance avec le reste de la gauche radicale. L'intransigeance de Besancenot dans ce domaine est bien connue mais son retrait a ravivé les différences sur ce sujet, jamais tranché. "Il y a clairement un repli identitaire" dans le NPA, a déploré Pierre-François Grond, homme fort de la minorité. Une minorité qui a perdu un certain nombre de ses militants, partis au Front de Gauche, lassés d'attendre une alliance électorale qui n'est jamais venue. "Il faudrait que Grond et ses amis sachent dire que les voies porteuses d'espoir, c'est le Front de Gauche", souhaite Christian Picquet. L'ancien cadre de la LCR, aujourd'hui porte-parole du Front de Gauche déplore que "la majorité actuelle s'engage dans une guerre picrocholine avec Lutte ouvrière" sur "l'ultra gauche la plus sectaire".

A quel point ces tensions peuvent-elles affecter la campagne de Philippe Poutou ? Le candidat, inconnu du grand public, a confié en juin que le NPA avait une "difficulté d'exister" même s'il ne "lâcherait pas". Avant d'ajouter: "Il y a comme une démoralisation avec tous les coups qu'on prend". Et ça commence avec la chasse aux parrainages. Selon Libération, le candidat a "un peu moins de 100 promesses. C'est le même nombre qu'en 2007 à la même époque". Comparaison n'est pas raison, mais au NPA on aime rappeler qu'en 2002, Olivier Besancenot était lui aussi un parfait inconnu.