Le journaliste et diplomate Roger Auque, ex-otage au Liban en 1987, est mort

Un cancer l'a emporté à l'âge de 58 ans. Il avait été nommé en décembre 2009 par le président Nicolas Sarkozy ambassadeur de France en Erythrée, poste qu'il a occupé jusqu'en août 2012.

Le journaliste et diplomate Roger Auque, à Bagdad (Irak), le 4 septembre 2004.
Le journaliste et diplomate Roger Auque, à Bagdad (Irak), le 4 septembre 2004. (MARINA PASSOS / AFP)

Le journaliste et diplomate Roger Auque, 58 ans, otage au Liban pendant près d'un an en 1987, est mort, lundi 8 septembre à Paris, des suites d'un cancer, indique son entourage. Retour sur le parcours de cette figure controversée.

Otage au Liban

Né en 1956 à Roubaix, dans une famille plutôt de gauche, il s'inscrit à Paris en faculté d'anglais et de langues orientales avant de partir comme correspondant au Liban, alors déchiré par la guerre civile.

Il passe pour proche du camp chrétien et surtout des phalangistes, milice d'extrême droite responsable, entre autres, du massacre de centaines de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila, à Beyrouth, en 1982.

Roger Auque est enlevé par le Hezbollah en janvier 1987 avant d'être libéré le 27 novembre suivant, en même temps que son confrère de France 2 Jean-Louis Normandin.

Ambassadeur en Erythrée

En mars 2008, rappelle le site Bakchich, Roger Auque abandonne sa carrière de journaliste pour se lancer en politique : il commence alors "une carrière politique sous les couleurs de l’UMP en devenant en mars 2008 conseiller municipal du 9e arrondissement de Paris".

Un engagement qui lui vaut, en décembre 2009, d'être nommé par le président Nicolas Sarkozy ambassadeur de France en Erythrée. Un poste qu'il occupera jusqu'en août 2012, avant d'être rapatrié pour problèmes de santé.

Toujours selon Bakchich, Roger Auque a laissé dans ce pays des factures impayées et avait également en France quelques créanciers, dont les impôts.

Père biologique de Marion Maréchal-Le Pen

En novembre 2013, L'Express révèle que Roger Auque est le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen, et qu'elle ne l'a rencontré qu'à l'adolescence. Interrogé par l'hebdomadaire, il répond n'avoir "aucun commentaire à faire sur [sa] vie professionnelle ou privée".

Yann Le Pen, la mère de la députée FN du Vaucluse, se dit alors "très gênée" : "En vingt ans, aucun journaliste à qui j'en avais parlé ne s'est permis de relayer cet épisode."