Le groupe Ecologie Démocratie Solidarité (ex-LREM) perd une députée et risque de disparaître

Ce départ fait passer le groupe EDS, formé en mai dernier, sous le seuil des 15 membres, nécessaire pour constituer un groupe au Palais-Bourbon.

La députée du Nord Jennifer de Temmerman, à Paris, le 22 juin 2017.
La députée du Nord Jennifer de Temmerman, à Paris, le 22 juin 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"Aujourd'hui, je décide de rejoindre le groupe parlementaire Libertés et Territoires." La députée du Nord Jennifer de Temmerman a annoncé, vendredi 16 octobre, son départ du groupe Ecologie Démocratie Solidarité à l'Assemblée nationale. Ce groupe, composé d'ex-LREM de l'aile gauche (dont Cédric Villani et Matthieu Orphelin) risque de faire disparaître cette jeune formation.

Ce départ fait passer le groupe EDS, formé en mai dernier, sous le seuil des 15 membres nécessaires pour être constitué en groupe au Palais-Bourbon. Sauf si Matthieu Orphelin et Paula Forteza, ses deux coprésidents, trouvent in extremis un nouveau député prêt à les rejoindre, sa disparition devient inéluctable. Cela ferait passer le nombre de groupes politiques à l'Assemblée de 10 à 9.

"Me rapprocher d'un groupe qui axe ses priorités sur les territoires"

"La pandémie de la Covid-19 perdure et met en exergue d'importants enjeux économiques, sociaux et écologiques à travers le pays", explique Jennifer de Temmerman. "En tant qu'élue des Hauts-de-France, il relève de ma responsabilité politique, dans l'intérêt de mes concitoyens, de me rapprocher d'un groupe qui axe ses priorités sur les territoires", fait-elle valoir.

De plus, le groupe EDS "ne prend pas la direction souhaitée" selon elle. "Certaines ambitions personnelles prennent le pas sur l'initiative collective et laissent de moins en moins de place aux avis nuancés", affirme la députée, qui avait quitté le groupe La République en marche, en novembre 2019, avoir perdu "espoir" après le vote de mesures sur l'immigration.

"Des manœuvres délibérément organisées"

"Nous ne sommes pas dupes des manœuvres délibérément organisées pour nous faire disparaître", a réagi Matthieu Orphelin, co-président du groupe, dans un communiqué. "Nous réaffirmons notre détermination à poursuivre nos combats, que rien ne pourra arrêter", a-t-il écrit. "Notre liberté et notre indépendance dérangent. Notre utilité, nos combats et nos victoires aussi", estime-t-il. Et d'assurer : "Malgré ces aléas, notre collectif continuera son travail à l'Assemblée nationale et en dehors." 

Matthieu Orphelin précise à franceinfo que la disparition du groupe ne sera acté "qu'au moment de la publication au Journal officiel, c'est-à-dire demain matin [samedi]" si le groupe EDS ne parvient pas à trouver un 15e membre.