Le FN remporte la cantonale partielle de Brignoles

Le Front national a remporté le second tour de l'élection cantonale partielle de Brignoles, qui se déroulait ce dimanche dans le Var. Laurent Lopez, le candidat du FN, a battu la candidate UMP, Catherine Delzers, avec 53,9% des voix. Le taux de participation était en forte hausse par rapport au premier tour.

(Jean-Paul Pelissier Reuters)

Le Front national a remporté dimanche l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var), malgré l'appel au "front républicain" lancé par la gauche et la hausse du taux de participation entre les deux tours (+14 points). Le candidat FN Laurent Lopez a recueilli 53,9% (5.031 voix), devant son adversaire UMP Catherine Delzers, 46,1% (4.301 voix), a dit la préfecture du Var.

"C'est toujours une divine surprise, j'envisageais bien sûr une défaite ", a dit Laurent Lopez à la presse. "Je suis très heureux d'autant que cette victoire vient sur un score sans ambiguïté avec une participation record qui démontre bien que le FN est un parti fédérateur, d'adhésion. "

Le taux de participation a atteint 47,47% contre 33,4% dimanche dernier, soit 14 points de plus qu'au premier tour.

Marine Le Pen s'est immédiatement réjouie de la victoire de son candidat sur Twitter.

"C'est un virage, la confirmation de la mort du Front républicain ",
a-t-elle appuyé sur LCI, rappelant que le PS avait appelé à voter UMP au deuxième tour.
"C'est une cantonale partielle, il ne faut pas non plus essayer d'en tirer
des enseignements sur les municipales
", a poursuivi Marine Le Pen. "Mais ça augure d'une volonté de changement des Français, qui vont
l'exprimer, qui vont se mobiliser
", pour les municipales.

"C'est une victoire éclatante contre toutes les formations politique réunies, la collusion de nos adversaires a été prouvée et leur coalition a été vaincue, c'est un grand message d'espoir ", a dit de son côté sur i-Télé Bruno Gollnisch, membre du bureau politique du FN. C'est une dynamique "pour les municipales, pour les européennes et pour la suite ", a-t-il ajouté.

Au premier tour, le candidat frontiste était déjà arrivé en tête avec 40,4% des voix, loin devant la candidate UMP. Le candidat communiste de la gauche avait été éliminé.

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Dès le résultat connu, les réactions, à gauche comme à droite, se sont multipliées. Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, a estimé que cette victoire du Front national était "une mauvaise nouvelle pour la République ". Le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a pour sa part déclaré que cela "rappelle à la gauche l'impérieuse nécessité de son rassemblement dans les territoires ".

Le résultat d'une "double peine" pour Jean-François Copé

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a lui affirmé que la victoire du FN était le résultat d'une "double peine : la gestion désastreuse de la ville par les communistes " et "la gestion calamiteuse de notre pays par la gauche ".

Pour François Fillon, le résultat de cette cantonale marque "une nouvelle manifestation de l'exaspération de nos concitoyens ", mais "surtout une défaite de la gauche ".

Les électeurs du canton, situé dans un département traditionnellement ancré à l'extrême droite, étaient appelés à
voter pour la troisième fois en trois ans après deux scrutins
annulés successivement.
En mars 2011, l'élection avait déjà été remportée par un
candidat du Front national avant d'être invalidée par le Conseil
d'Etat. L'élection avait finalement été remportée par le
candidat du Parti communiste, Claude Gilardo, en 2012 avant
d'être une nouvelle fois invalidée.