Le Conseil d'Etat annule la nomination à Bercy du fils de Jean Tiberi

Dominique Tiberi ne présente pas les "aptitudes requises" pour le poste de contrôleur général économique et financier auquel il avait été nommé par Christine Lagarde.

Dominique Tiberi, fils de l\'ancien maire de Paris Jean Tiberi, le 24 octobre 2011.
Dominique Tiberi, fils de l'ancien maire de Paris Jean Tiberi, le 24 octobre 2011. (AFP)

Le fils de Jean Tiberi (maire du 5e arrondissement de Paris) ne présente pas les "aptitudes requises". C'est la raison avancée par le Conseil d'Etat pour annuler le décret de nomination de Dominique Tiberi au poste de contrôleur général économique et financier. Dominique Tiberi, titulaire d'un doctorat en gestion, avait été nommé en janvier 2011 au contrôle général de Bercy sur proposition de l'ex-ministre de l'Economie, Christine Lagarde, mais contre l'avis d'une commission d'évaluation.

Dans sa décision, le Conseil d'Etat reprend l'argumentaire de la commission d'évaluation en constatant "qu'il n'avait exercé ni des responsabilités d'encadrement ou de direction, ni des fonctions d'analyse et d'expertise approfondies à caractère économique et financier". Or, le contrôle général, composé en grande partie de hauts fonctionnaires, est chargé d'évaluer les performances des organismes où l'Etat a des intérêts majoritaires.

Une nomination critiquée par Rachida Dati

Cette nomination avait récemment été critiquée par Rachida Dati, qui convoite, pour les élections législatives, la 2e circonscription de Paris, actuellement détenue par Jean Tiberi. Le 23 octobre, la maire UMP du VIIe arrondissement avait accusé François Fillon, qui compte se présenter dans cette même circonscription, d'avoir "reçu" l'ancien maire de Paris et de lui avoir "permis de faire recruter son fils au ministère des Finances à un poste, contre l'avis du ministère des Finances". Autrement dit, d'avoir acheté son soutien.

L'arrêt du Conseil d'Etat précise que l'Etat devra rembourser à hauteur de 3 000 euros les frais de justice engagés par le Syndicat parisien des administrations centrales économiques et financières, à l'origine de la procédure.