Régionales en Paca : malgré la surprise de l'accord trouvé avec Renaud Muselier, les militants LREM restent mobilisés

Le Premier ministre a annoncé dimanche le retrait dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur de la liste La République en marche, dès le premier tour, au profit de celle conduite par Renaud Muselier, le président sortant LR. Reportage auprès des militants LREM à Marseille.

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Radio France
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Renaud Muselier, président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, à Marseille le 28 avril 2021. (FRANK MULLER / MAXPPP)

Faut-il exclure Renaud Muselier ? Trouver d’urgence un candidat estampillé Les Républicains à lui opposer aux élections régionales du 20 et 27 juin en Provence-Alpes-Côte d'Azur ? Après l’accord surprise annoncé dimanche 2 mai avec La République en marche (LREM), qui ne présentera pas de liste au profit de celle menée par Renaud Muselier, président de région sortant, Les Républicains organisent mardi 4 mai, matin et soir, deux réunions au siège parisien rue de Vaugirard pour tenter de sortir de la crise.

Côté LREM ceci dit, le moral sur le terrain n’est pas au beau fixe. Après la déception, les militants s’accrochent pour rester mobilisés.

>> Régionales : cinq questions sur l'alliance entre LREM et Renaud Muselier en Paca

La Macronie lance une nouvelle OPA sur Les Républicains : c’est ce que les militants lisent partout dans les journaux. Pourtant, à Marseille, les marcheurs eux aussi semblent exsangues, assommés par un coup venu d’en haut. "Le 1er mai, on ne travaille pas, on se lève le dimanche matin... et on voit ça dans le journal ! C’est un peu difficile, témoigne Malika, militant LREM. Ensuite, je me dis qu’il faut regarder l’après, c’est un travail en amont."

"C’est l’esprit de 2017"

"C’est vrai que quand La Provence titre 'Renaud Muselier en Marche', c’est excellent comme titre", poursuit un autre militant. Mais la petite cuisine, les arrangements, n'est pas exactement le contrat pour lequel ils se sont engagés il y a cinq ans. Pour ces militants aussi il faut jouer le dépassement. "Renaud Muselier et Sophie Cluzel ont du prendre connaissance des sondages et se sont dit qu'on avait plus de chances en s'entendant dès le premier tour qu'au second, développe un militant. Est-ce que des négociations c'est forcément 'boutiquier' ? Il y a un moment il faut savoir se mettre à une table et parler."

"La poutre continue de travailler", l'expression désigne l’élargissement des contours de la majorité macroniste, et Guillaume s’accroche à l’idée : "C’est l’esprit de 2017, et je trouve que c’est ce qu’il faut, explique le militant LREM. Au gouvernement il y a plein de gens qui viennent de la droite, des gens qui ne sont pas extrêmes et qui bosse pour la région. Je trouve que c’est plutôt une bonne nouvelle.”

Le bon coup à jouer ?

Le "front républicain" dès le premier tour, Arthur espère que c’était le bon coup à jouer : "Il y a probablement des gens qui sont extrêmement conservateurs à droite qui ne s’y retrouveront pas mais je ne pense pas qu’ils soient majoritaires. Il y a peut-être des gens au centre gauche qui vont mettre du temps à admettre l’idée de travailler avec Monsieur Muselier. Mais à la fin, tout le monde va se rendre compte que dans la région il y a le plus gros risque Front national de tout le pays." 

Quand nouveau chef chef de file, laisse entendre que Sophie Cluzel parce que "ministre" n'aura même pas de place sur la liste, les militants préfèrent ne pas relever l'affront. Il faut leur faire réécouter la déclaration. "Je pense que c'est compliqué pour lui aussi avec les Républicains, défend un militant LREM. Il ne veut pas que ça lui explose à la gueule. Il essaie de jouer sur les deux tableaux. C'est normal, ce n'est pas du tout un affront." Les listes ne sont pas bouclées, c'est donc le mantra sur lequel nous avons quitté. La macronie poursuit la recomposition politique mais les Républicains sont loin d'être les seuls à être déboussolés. 

A Marseille, les militants LREM restent motivés : reportage de Julie Marie-Lecomte
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