Droit de vote des étrangers : "Je n'ai pas d'écart avec Gérald Darmanin", assure le député Sacha Houlié qui a déposé une proposition de loi

Le président de la commission des lois à l'Assemblée nationale affirme que son action s'inscrit dans la "philosophie" du ministre de l'Intérieur. 

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Radio France
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Sacha Houlié, député Renaissance et président de la Commission des Lois.  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

"Je n'ai pas d'écart avec Gérald Darmanin", assure mardi 9 août sur franceinfo Sacha Houlié. Le député Renaissance (ex-LREM) vient de déposer une proposition de loi pour accorder le droit de vote aux élections municipales à tous les étrangers, suscitant les critiques de la droite, du Rassemblement national et du ministre de l'Intérieur, "fermement opposé à cette mesure", selon son entourage à franceinfo. Sacha Houlié se dit "d'accord avec lui quand il déclare qu'on ne juge pas les étrangers pour ce qu'ils sont mais pour ce qu'ils font". "Les positions que je défends s'inscrivent dans cette philosophie."


franceinfo : Pourquoi déposer cette proposition de loi qui n'est pas dans le programme d'Emmanuel Macron ?

Sacha Houlié : C'est une proposition que j'ai faite dans ma campagne personnelle pour les élections législatives. Je l'ai donc déposée à la fin de la session parlementaire extraordinaire pour pouvoir la présenter à mon groupe politique dès la rentrée, qu'on en débatte et qu'ils la reprennent éventuellement. Le droit de vote des ressortissants de l'Union européenne aux élections locales existe déjà en France. Personne n'est étonné qu'un Espagnol ou qu'un Bulgare puisse voter aux élections municipales. Mais ça a interrogé beaucoup de gens que les Anglais ne puissent plus le faire depuis le Brexit.


Envoyez-vous un message alors que le projet de loi immigration de Gérald Darmanin est prévu pour l'automne ?

Je n'ai pas besoin d'envoyer de message. Je défends des causes politiques. Je compte par exemple déposer une autre proposition de loi à la rentrée sur les travailleurs étrangers. Ils occupent des postes importants dans notre pays, que ce soit dans le BTP, la restauration, les hôpitaux ou encore en tant qu'ingénieurs. Aujourd'hui, tous les employeurs demandent de ne pas les expulser pour qu'ils puissent continuer à travailler.

J'ai la plus grande indulgence et le plus grand respect pour tous les gens qui cherchent à s'intégrer, à travailler et à faire partie de la France, mais je n'ai aucune difficulté à faire en sorte que les gens qui ne respectent pas les règles de notre pays soient expulsés.

"Je n'ai pas d'écart avec le ministre de l'Intérieur, je suis d'accord avec lui quand il dit qu'on ne juge pas les étrangers pour ce qu'ils sont mais pour ce qu'ils font. Les positions que je défends s'inscrivent dans cette philosophie."

Sacha Houlié, député Renaissance

à franceinfo


Est-ce le rôle du président de la Commission des Lois de s'investir de cette façon dans le débat public ?

Je pense que le rôle d'un président de la Commission des Lois est d'avoir des convictions et de les porter. C'est d'avoir la conviction que les droits civiques ne sont pas exclus. Lorsqu'on a des personnes qui militent dans nos associations, qui développent le tissu local et qui participent dans les écoles ou dans les projets des communes, ça ne me choque pas qu'il puissent avoir voix au chapitre.

Avoir ce genre de débat, au moment où on en aura d'autres sur ce qu'est l'intégration, l'immigration et notre relation avec les personnes qui ne partagent pas notre nationalité mais qui peuvent avoir des destins communs avec nous, je pense que c'est poser les bonnes questions à notre pays. Il se trouve que le Rassemblement national a souhaité en faire une polémique plutôt qu'un sujet de débat mais j'y suis prêt. Cette tentative de déstabilisation m'indiffère.

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