La reconnaissance de l’Etat palestinien adoptée par les députés

L’Assemblée nationale, malgré l’opposition d’une grande partie de la droite, a adopté mardi la résolution socialiste sur la reconnaissance de l’Etat palestinien. Sans engager le gouvernement, le texte symbolique vise "à obtenir un règlement définitif du conflit".

(Les députés ont voté ce mardi la reconnaissance de la Palestine, un texte symbolique © MaxPPP)

Comme en Grande-Bretagne et en Irlande, ainsi qu’en Espagne, les députés ont voté mardi en faveur de la résolution socialiste pour reconnaître l’Etat de Palestine. Ce vote n’engage pas le gouvernement, mais il l’invite à donner "une chance à la négociation" a déclaré Harlem Désir, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. La résolution constate "l'échec des tentatives de relance du processus de paix" depuis 1991 entre Israéliens et Palestiniens et pointe  "la poursuite illégale de la colonisation dans les territoires palestiniens." Le Sénat se prononcera à son tour le 11 décembre.

Les Palestiniens ont salué le vote acquis à Paris. Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, dans une déclaration à l'AFP, se dit convaincu que "la décision française va encourager à la reconnaissance de la Palestine en Europe ". De son côté, l’ambassade d’Israël en France a estimé que le vote était de nature à "éloigner les possibilités d’arriver à un accord " de paix.

Un clivage gauche-droite

Les groupes socialiste, écologiste et Front de gauche ont approuvé cette résolution. Le groupe des radicaux de gauche était divisé. Et l'opposition UMP et UDI a majoritairement voté contre la reconnaissance de l'Etat palestinien. 

Le vote à l’Assemblée nationale s’est déroulé après les prises de parole des différents groupes mais sans débat puisque les discussions ont eu lieu le 28 novembre dernier. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait alors défendu un calendrier de deux ans pour aboutir à un règlement du conflit israélo-palestinien.

 

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L’UMP, à une très forte majorité, s’était montrée hostile à la résolution socialiste. L’un des arguments portait sur la diplomatie de la France, un domaine réservé à l’exécutif et non pas partagé par le parlement avaient expliqué plusieurs députés de droite tandis que d'autres disaient redouter apporter du crédit au Hamas. Le sujet est d’autant plus délicat et sensible en France où vit la première communauté  juive d’Europe, forte de 500 à 600. 000 personnes. Une communauté qui dénonce depuis plusieurs années un antisémitisme en croissance.