Présidentielle 2022 : la gauche est en mauvaise situation pour plus de huit Français sur dix, selon notre sondage

À un an de l'élection présidentielle, la gauche est en mauvaise situation pour plus de huit Français sur dix, même si elle est perçue comme la principale force politique du pays lorsqu'elle s'unit, révèle un sondage Odoxa Backbone Consulting. 

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Radio France
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Au centre, Benoît Payan (Parti socialiste) et Michèle Rubirola (Europe Écologie Les Verts) réunis en 2015, lors des élections départementales. Ils feront de nouveau campagne ensemble pour les élections municipales à Marseille. (ROSSI DAVID / MAXPPP)

Elle est vue comme la principale force politique du pays, mais ça ne l'empêche pas d'être en mauvaise posture à un an de la présidentielle pour plus de huit Français sur dix. C'est ce qui ressort du sondage Odoxa-Backbone Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 15 avril.

Une force politique majeure si elle s'unit

29% des sondés estiment même que sa situation est très mauvaise. Et le résultat est similaire pour les Français se disant de gauche. Alors que ses dirigeants se retrouvent samedi 17 avril pour envisager ensemble les échéances électorales de l'an prochain, plus des trois quarts des sondés (78%) trouvent la situation de la gauche mauvaise.

Pourtant, malgré ce constat, les formations de gauche représentent, de peu, la principale force politique du pays, si elles parviennent à s'unir. Selon cette enquête, un quart des Français (25%) se sent proches des partis de gauche, quand 24% déclarent leur flamme à la droite (Rassemblement national compris) et 14% inclinent plutôt du côté des partis proches d'Emmanuel Macron, La République en marche (LREM,11%) et Mouvement démocrate (Modem, 3%). À noter que les personnes ne se sentant pas de proximité particulière avec un parti restent les plus nombreuses.

81% des sympathisants de gauche souhaitent un candidat commun

Huit sympathisants de gauche sur dix souhaitent un candidat commun, mais n'adoubent aucune personnalité pour les représenter à la présidentielle 2022. Un souhait partagé par 49% de l'ensemble des Français. Le consensus sur cette union représente pratiquement toutes les sensibilités de gauche. 80% des partisans de La France insoumise (LFI), 72% des proches du Parti socialiste (PS) et 87% des sympathisants d'Europe Écologie Les Verts (EELV) souhaitent un candidat commun en 2022.

Cette éventuelle union fait peur à 55% des électeurs LREM et suscite l'opposition de plus de huit adeptes du parti Les Républicains (LR) sur dix (85%) et des deux tiers des partisans du Rassemblement national (68%).

Mais pour les représenter, plus de six Français ayant le cœur à gauche sur dix ne voient pas une personnalité se dégager. La maire de Paris Anne Hidalgo ne convainc pas 62% des sympathisants de gauche. 61% désapprouvent le nom de Christiane Taubira. Yannick Jadot est repoussé par 68% d'entre eux. Jean-Luc Mélenchon laisse les électeurs de gauche un peu plus partagés. Ils sont seulement 56% à ne pas lui accorder de crédit.

Sur l'ensemble des Français, c'est environ les trois quarts des sondés qui ne mettent pas en avant l'une de ces personnalités. Pour eux, ni Anne Hidalgo (74%), ni Jean-Luc Mélenchon (75%), ni Christiane Taubira (78%), ni Yannick Jadot (79%) ne seraient la bonne personne pour représenter l'ensemble de la gauche.

À noter enfin que, selon ce sondage, le PS est le parti qui représente le mieux la gauche pour 40% des Français, devant LFI (29%) et EELV (27%). Pour les Français se disant de gauche, 40% citent le PS, 38% choisissent LFI et 19% EELV.

Le refus du clivage gauche-droite en progression

Selon le sondage, 38% ne se retrouvent ni à droite ni à gauche. Ce refus de se positionner sur un axe gauche-droite est en nette progression depuis une quinzaine d'années. En 2005, 14% des Français ne parvenaient pas à se déclarer de gauche ou de droite. À la même époque, 34% d'entre eux se définissaient de gauche, 27% se positionnaient au centre et 25% à droite. 

Cette enquête Odoxa-Backbone Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par Internet les 14 et 15 avril 2021, sur un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La marge d’erreur des résultats d’ensemble s’établit, selon le score visé, entre plus ou moins 1,4 et 3,1 points.

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