Législatives à Évry : le recours contre l'élection de Manuel Valls suscite la colère des élus

Farida Amrani, candidate de La France insoumise, battue par Manuel Valls à Evry lors des législatives, dénonce des irrégularités lors du scrutin. Sur place, les élus et assesseurs s'indignent.

Manuel Valls célèbre sa victoire à l\'issue du second tour des élections législatives à Evry, le 18 juin 2017.
Manuel Valls célèbre sa victoire à l'issue du second tour des élections législatives à Evry, le 18 juin 2017. (MAXPPP)

Une candidate malheureuse aux élections législatives dépose un recours, mardi 27 juin, devant le Conseil Constitutionnel, contre l'élection de son adversaire, Manuel Valls. Battue par l’ex-Premier ministre au second tour, à Évry et Corbeil, avec seulement 139 voix d’écart, la candidate de la France insoumise, Farida Amrani, dénonce de nombreuses irrégularités lors du scrutin. Elle assure avoir les preuves de ses accusations. Selon elle, les résultats de quatre bureaux de vote d'Évry posent question : "On a un soupçon. Pourquoi ces quatre bureaux de vote n'ont pas été donnés en temps et en heure ? On n'avait personne malheureusement", a-t-elle confié à France Bleu Paris.

"Mensonges"

Farida Amrani assure être "sereine" sur son recours mais, sur place, à Évry, les maires des communes concernées, des élus de tous bords et des assesseurs, viennent de publier une lettre dénonçant ce recours et "des mensonges", ainsi qu'un "déferlement de haine". Ils se disent "indignés" de l'insulte faite aux 26 000 électeurs qui ont voté dimanche 18 juin.

"Il y a eu un moment où l'assesseur de La France insoumise, effectivement, était absente, se souvient Danièle Valero, maire-adjointe EELV d'Évry, présidente du bureau de vote numéro six qui serait visé par ces soupçons. Je n'y peux rien, elle n'avait pas de suppléante et ce n'est pas le président du bureau de vote qui gère les assesseurs désignés par les candidats. Quand j'ai vu sur Twitter ce déferlement de mensonges, cela m'affecte, car on est 24 présidents de bureaux de vote à Évry et mis en cause."

"Pas de preuves"

Cette mise en cause est également injustifiée pour Ronan Fleury. Lui aussi a présidé un bureau de vote d'Évry et il a "un gros doute sur la capacité à sortir des preuves juridiques". Il se dit "certain" que le dossier est vide et rappelle que, lorsque des problèmes sont signalés dans les bureaux de vote, ils sont aussitôt notifiés sur les procès-verbaux. Or cette fois-là, fait rarissime, il n'y a eu aucune mention d'irrégularité.