Franceinfo "n'est pas une radio d'Etat, mais de service public" : le directeur de la station répond à Jean-Luc Mélenchon

Après les révélations de franceinfo vendredi quant aux comptes de campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a qualifié franceinfo de "radio d'État".  

FRANCE INFO

"Je veux rétablir des vérités simples face aux accusations extrêmement graves portées contre nous", a indiqué vendredi Vincent Giret, le directeur de franceinfo, après la conférence de presse tenue par Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France insoumise a réagi aux révélations de franceinfo sur les soupçons de surfacturation lors de la campagne présidentielle de 2017. Le député de Marseille s'en est notamment pris au travail de la rédaction en dénonçant une "opération téléguidée par le pouvoir politique".

Des enquêtes menées "sur chacun des candidats à la Présidentielle"

"D'abord, franceinfo n'est pas une radio d'Etat, non", a précisé le directeur de franceinfo, "c'est une radio de service public qui défend une éthique, une responsabilité, une exigence, une charte professionnelle et une conception de l'information impartiale vérifiée, certifiée, avec du débat contradictoire, et tous nos auditeurs le savent". Vincent Giret a expliqué sur franceinfo des détails factuels. Jean-Luc Mélenchon "nous accuse d'avoir coordonné en quelque sorte notre travail éditorial, journalistique, avec le travail de la justice, dont nous ne connaissions, bien évidemment, absolument rien".

"Il faut savoir que la cellule d'investigation de franceinfo et de Radio France travaille depuis plusieurs mois sur chacun des candidats à la Présidentielle, leur budget de campagne. Nous avons déjà eu l'occasion de travailler, de faire un certain nombre de révélations sur la campagne de François Fillon, d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Tous ces travaux journalistiques sont trouvables facilement sur franceinfo.fr", a détaillé le directeur de franceinfo.

Refus de Jean-Luc Mélenchon "à chaque invitation"

Jean-Luc Mélenchon s'est également interrogé sur la concomitance entre la publication de l'enquête de franceinfo et les perquisitions au siège de la France insoumise dans le cadre de l'enquête menée sur les assistants parlementaires et les comptes de campagne. Vincent Giret précise que "la publication de ce travail d'investigation ce vendredi était prévue depuis des semaines. Un travail d'investigation fait avec des éléments contradictoires depuis l'été". Lors de sa conférence de presse, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs expliqué : "Nous avons eu le droit ce matin à la diffusion [sur franceinfo], sans aucun moyen de réplique, d'une série d'affirmations diffamatoires et calomnieuses". Mais, explique Vincent Giret, "nous avions eu par exemple l'avocat de Sophia Chikirou, nous avons demandé aussi à pouvoir entendre Jean-Luc Mélenchon, à ce qu'il vienne répondre aux questions de notre journaliste".

Le directeur de franceinfo a aussi insisté sur le fait que le leader de la France insoumise refuse de venir sur le plateau de franceinfo "à chaque invitation". C'est Adrien Quatennens, député La France insoumise, qui est venu répondre à franceinfo vendredi matin à 8h30. "Mon camarade a été prévenu à 6h30 du matin que le sujet serait à l'antenne ce matin", a accusé Jean-Luc Mélenchon. Vincent Giret a répondu à ces accusations, expliquant qu'"Adrien Quatennens n'a pas découvert en arrivant qu'il allait être interrogé sur les frais de campagne, non ! Il était prévenu depuis hier en fin d'après-midi que c'était le sujet principal sur lequel nous voulions l'interroger. Et puis ce matin à 6h30, nous lui avons donné le détail de ce que nous allions diffuser dans la matinée, de façon à ce qu'il ait deux heures pour [se] préparer, vous voyez, cela n'a rien d'un complot ! Nous avons fait ce que nous croyons être utile pour qu'il puisse préparer le débat contradictoire, c'est le coeur de la mission de franceinfo".