Elections municipales : La France insoumise investit plusieurs centaines de chefs de file

Dans certaines villes, ces investitures ont donné lieu à quelques frictions internes. 

Le groupe La France insoumise à l\'Assemblée nationale, avec, debout, son président Jean-Luc Mélenchon, le 15 octobre 2019. 
Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, avec, debout, son président Jean-Luc Mélenchon, le 15 octobre 2019.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le comité électoral de La France insoumise (LFI) a publié, mercredi 30 octobre, une première salve d'investitures de chefs de file et de validations de stratégies locales pour les élections municipales de 2020. Et cela a donné lieu à quelques frictions internes. 

A Paris, LFI soutient la liste "Décidons nous-mêmes" emmenée par Danielle Simonnet. A Lyon, c'est la maire Insoumise du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, qui a été adoubée. A Marseille, LFI valide la participation de la cheffe de file Sophie Camard – suppléante du député Jean-Luc Mélenchon – au Printemps marseillais, collectif citoyen auquel s'est agrégée une partie du PS, Générations, le PCF ou encore Place publique. En revanche, les militants Europe Ecologie-Les Verts (EELV) locaux, estimant le processus trop lent, ont voté une liste autonome. 

Absence d'alliance claire entre LFI et EELV

"Leur ligne, c'est que dans toutes les villes de plus de 100 000 habitants, ils font des listes EELV", a regretté Martine Billard, membre du comité électoral de LFI, pour justifier l'absence d'alliance entre les deux formations dans la plupart des grandes villes.

Exceptions notables : Toulouse et Grenoble. Dans la Ville rose, le comité électoral a donné son soutien à la présence des Insoumis au collectif l'Archipel citoyen, constitué de longue date et auquel participe EELV. Mais la question de la tête de liste, que les Insoumis veulent citoyenne et pas issue des rangs écologistes, reste polémique. A Grenoble, le comité électoral de LFI soutient le maire sortant Eric Piolle, dont la candidature en 2014 avait été portée par un arc écologiste et de gauche radicale, concurrent au PS.

Des dissidences en vue ?

Dans de nombreuses villes (Lille, Roubaix, Metz, Rennes...), le comité électoral a validé la création et la conduite par les militants locaux de collectifs citoyens. Ces décisions du comité ne sont pas sans frictions. A Montpellier, la députée Muriel Ressiguier, qui œuvrait au rapprochement avec EELV et d'autres partis de gauche à travers l'initiative "Confluence", a dénoncé dans un communiqué le soutien du comité électoral au collectif citoyen "Nous Sommes". Selon elle, la décision a "jeté le trouble et provoqué le mécontentement au sein des militants" locaux. La députée dit désormais s'en remettre à la décision des militants, suggérant ainsi une éventuelle dissidence de leur part.