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La Cour des comptes appelle les candidats à fonder leurs programmes sur des hypothèses réalistes

La cour des comptes a rendu, ce mercredi 8 février, son rapport annuel. Il plaide pour une diminution "plus drastique" des finances publiques et invite les candidats à en tenir compte dans leurs programmes. Valérie Pécresse se veut plus optimiste.
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Didier Migaud, premier président de la Cour des Comptes, à l'Elysée (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

La cour des comptes a rendu, ce mercredi 8 février, son rapport annuel. Il plaide pour une diminution "plus drastique" des finances publiques et invite les candidats à en tenir compte dans leurs programmes. Valérie Pécresse se veut plus optimiste.

Comme chaque année, la Cour des Comptes vient de rendre son rapport. Mille six cent pages, où les journalistes viennent glaner des idées de reportages sur les multiples exemples de mauvaise utilisation de l'argent public. Mais au-delà des inventaires à la Prévert anecdotiques, la chambre présidée par l'ancien député socialiste Didier Migaud fixe aussi des grandes lignes.

Diminution de la dépense publique

Et ce matin, elle lance un appel à un effort accru pour tenir les engagements de la France à redresser ses finances, adressé au gouvernement sortant et à celui qui lui succèdera au printemps après l'élection présidentielle. La Cour plaide notamment pour une diminution plus drastique de la dépense publique et une chasse renforcée aux niches fiscales, jugeant que de nouvelles mesures anti-déficit seraient peut-être nécessaires dès cette année.

Dans le retour vers l'équilibre budgétaire, "la plus grande partie du chemin restera à parcourir en 2013 et 2014", avertit son premier président. "Ce message, la Cour l'estime important et il s'adresse à tous", a-t-il insisté, invitant l'ensemble des candidats à l'Elysée à proposer "dès maintenant un programme détaillé, crédible, fondé sur des hypothèses réalistes". "Presque toutes les marges de gestion du budget 2012 ont disparu", ajoute M. Migaud.

"Effort encourageant"

La Cour adresse un satisfecit nuancé au gouvernement. M. Migaud a salué l'effort "encourageant" de réduction du déficit structurel engagé en 2011, représentant 0,5% du PIB. "Mais il aurait fallu le double", selon lui, pour tenir la trajectoire de retour à l'équilibre en 2016 alors qu'au rythme actuel, dix années seraient nécessaires.

Selon le rapport, l'objectif d'un déficit de 4,5% du PIB cette année, contre 5,3% ou 5,4% attendus pour 2011, reste "difficile à atteindre" et celui de revenir au plafond européen de 3% en 2013 "encore plus difficile", car reposant sur des prévisions de croissance et recettes fiscales jugées trop optimistes. Le déficit public demeure "trop élevé", résume M. Migaud.

Pour réduire l'écart, la Cour des comptes estime qu'il reste de la marge du côté des quelque 500 niches fiscales qui totalisaient 73 milliards d'euros en 2010. Elle appelle à les réduire de 15 milliards d'euros, contre 10 jusqu'à présent.

Réaction de Valérie Pecresse

Au micro d'Europe 1, Valérie Pécresse, ministre du budget, a nuancé ce rapport. "Les chiffres de la Cour des comptes, sur lesquels elle se base pour dire qu'elle est inquiète sont des chiffres anciens. Les chiffres à jour sur l'exécution budgétaire de 2011 sont bien meilleurs que prévus et donnent 4 milliards d'avance pour 2012", déclare la porte-parole du gouvernement.

Le premier président de la Cour des comptes, lui, maintient son analyse. "Ce que nous disons sur les finances publiques reste totalement d'actualité. Nous confirmons tout ce qui est écrit et le rapport n'est pas obsolète", a-t-il insisté devant les journalistes

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