La candidate Anny Poursinoff (Verts) a remporté dimanche au second tour la législative partielle de Rambouillet

Dans ce fief de droite ou le duel s'annonçait serré, la candidate de gauche l'a emporté avec 51,72% des suffrages face au sortant Jean-Frédéric Poisson (UMP) qui a obtenu 48,28% des voix.Mme Poursinoff était arrivée en tête au premier tour dimanche dernier avec 42,62% des voix, devant M.Poisson, 40,71%.

Anny Poursinoff le 11/07/10
Anny Poursinoff le 11/07/10 (AFP Jacques Demarthon)
Dans ce fief de droite ou le duel s'annonçait serré, la candidate de gauche l'a emporté avec 51,72% des suffrages face au sortant Jean-Frédéric Poisson (UMP) qui a obtenu 48,28% des voix.

Mme Poursinoff était arrivée en tête au premier tour dimanche dernier avec 42,62% des voix, devant M.Poisson, 40,71%.

Les leaders de la gauche, comme la première secrétaire du PS, Martine Aubry, Cécile Duflot (Verts), Pierre Laurent (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), s'étaient déplacés entre les deux tours pour apporter leur soutien à Mme Poursinoff.

M.Poisson avait reçu de son côté le soutien actif de l'ancienne ministre du Logement Christine Boutin (UMP), dont c'était le fief et dont il fut l'ancien suppléant. Christine Boutin avait dû en juin, sous la pression et face à la tempête médiatique, renoncer à un salaire de 9.500 euros pour une mission confiée par l'Elysée.

Cette nouvelle élection partielle faisait suite à l'annulation par le Conseil constitutionnel du scrutin de septembre 2009, remporté avec cinq voix d'avance par M.Poisson. Après un nouveau décompte, les Sages avaient ramené l'écart de cinq à une seule voix d'avance pour l'UMP, et jugé qu'un tract contenant de fausses affirmations sur le camp écologiste avait pu créer une confusion chez les électeurs.

La gauche y voit un désaveu de Nicolas Sarkozy
La numéro un du PS, Martine Aubry, a félicité dimanche soir Mme Poursinoff pour "sa magnifique victoire" qui traduit selon elle "un désaveu très clair" pour le locataire de l'Elysée.

"Cette large victoire de la gauche unie et populaire dans une circonscription historiquement ancrée à droite exprime un désaveu très clair pour le président de la République et le gouvernement ainsi qu'un fort rejet du climat créé par les révélations et les affaires", a déclaré Mme Aubry.

Pour elle, "le pouvoir doit entendre le refus de sa politique, l'exaspération et l'attente de changement qui se sont exprimés ce (dimanche) soir". "La gauche doit continuer dans la voie du rassemblement qui a permis de l'emporter lors de ce scrutin", a conclu Mme Aubry.

De son côté, le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a estimé que les "électeurs (avaient) saisi l'occasion de donner une baffe magistrale à la droite et à Nicolas Sarkozy, dans un de ses fiefs les mieux assurés".

"Ce résultat prend une signification nationale incontestable dans le contexte de crise morale qui frappe le pouvoir", a-t-il poursuivi, en ajoutant: "Pour moi cette élection anticipée est donc aussi une réponse anticipée à ce que va dire le président (lundi) soir".

Il s'est félicité, en outre que "l'appel des candidats du Front de gauche au rassemblement de la gauche au deuxième tour" ait "bien entendu et bien suivi d'effet".

Déception à l'UMP
Valérie Pécresse
, présidente du groupe majorité présidentielle au Conseil régional d'Ile-de-France et présidente de la fédération UMP des Yvelines, a estimé que cette défaite du candidat UMP était "une mauvaise nouvelle pour le département et constitu(ait) une grande déception".

Saluant le "travail exemplaire" de M. Poisson, elle a "condamné", dans un communiqué, "l'instrumentalisation choquante de la campagne par la gauche pour relayer accusations mensongères, rumeurs et insinuations alors que le gouvernement engage une réforme essentielle pour sauver notre système de retraite".